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Work-in-progress d'un documentaire (2 X 52 mn). Un demi-siècle de presse illustrée pour la jeunesse.
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  • 07/19/12--07:04: 1. Moteur !
  • Qu'on appartienne à la génération des vieux trentenaires ou à celle des jeunes quinquas, le nom de "Pif-gadget" suffit pour qu'immédiatement toute une ribambelle d'images colorées surgissent à l'esprit : pour les uns c'est le souvenir des fameux gadgets qu'on déballait le jeudi matin (puis le mercredi ou le lundi ou le samedi, selon la période...) pour les casser souvent avant le coucher du soleil. Les autres, les plus nombreux, ressentent évidemment un vent de nostalgie liée à ces compagnons d'enfances qui se nommaient Rahan, Docteur Justice, Placid et Muzo, Totoche, Dicentim le petit Franc, Gai-Luron, ou pour les plus pointus d'entre eux, les Pionniers de l'Espérance ou Corto Maltese...


    Pour les Français nés juste avant ou après la Seconde Guerre, c'est le nom "Vaillant" qui résonne à la manière d'un cri de ralliement, et qui recoupe une histoire assez extraordinaire de la bande dessinée française, pendant un quart de siècle... avant la mue de la fin des années 60 : "PIf-Gadget" prendra alors (en février 1969) le relais pour un autre quart de siècle.
    Car - il est toujours bon de le rappeler pour les plus jeunes - "Vaillant", c'est bien l'organe de presse, issu des jeunesses communistes résistantes, qui est devenu à la fois le concurrent direct de la presse jeunesse franco-belge (Spirou, Tintin, etc..), de la presse jeunesse française catholique (groupe Bayard et Fleurus) et des illustrés d'origine américaine (qu'on trouvait dans "Robinson", puis "Mickey", etc..)

    Voilà pour un résumé très très succinct.

    ******************


    (Le 1er numéro de Vaillant (en fait le n.31 du "Jeune Patriote"), puis une version de "Vaillant le journal de Pif" dans les années 60, et enfin le 1er numéro de "Pif-Gadget" en 1969)

    **********

    Depuis 2007, j'ai entrepris un premier travail de recherches et surtout d'enregistrement de témoignages audio-visuels. Il s'agissait dans un premier temps d'accompagner en quelque sorte le travail effectué par l'équipe qui avait publié un beau livre consacré à l'histoire du journal Pif-Gadget, et de multiplier les contacts avec les anciens auteurs du journal, pour faire partager sur les nouveaux médias (internet...) leur expérience dans cette presse jeunesse dans les années 50 à 90. 
    La page Dailymotion consacrée à ces vidéos se nomme "Gadgetus" - titre des pages des premiers Pif-Gadget consacrées au gadget ! - et y regroupe les vidéos tournées sous le sigle générique "Nos années Vaillant / Pif".

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    FLASHBACK : un reportage-documentaire vidéo sur Pif-Gadget en 1999 !
    En 1999, le réalisateur Marc Rouchairoles a eu l'idée de suivre les pas d'un collectionneur et fana de Pif-Gadget, Christophe Ménier, pour aller à la rencontre des auteurs du journal.
    Ce documentaire existe encore sous forme de DVD. On y découvre quelques grandes "vedettes" du journal, et notamment quelques "figures" aujourd'hui disparues, telles que Roger Lécureux (scénariste de Rahan et membre historique de la rédaction des débuts), Jean Tabary, Paul Gillon, etc... Réalisé avec des moyens limités et dans le format vidéo de l'époque, ce film permet néanmoins de voir à l'oeuvre et d'écouter parler ces artistes, ce qui en fait de facto une archive historique incontournable !

    ************

    En 2004, la ressortie du titre "Pif-Gadget" sous une nouvelle forme pendant 3 ans, malheureusement éphémère, avait également relancé l'intérêt pour cette histoire.

    Richard Médioni, ancien rédacteur en chef de Pif-Gadget et auteur du livre "Pif-Gadget, la véritable histoire - des origines à 1973", m'avait vivement encouragé à poursuivre mes travaux de "recueil de témoignages" en vidéo et je m'étais décidé à en faire un grand film documentaire qui ne se contenterait pas d'une succession d'interviews, mais tenterait au fil de ces témoignages de reconstituer l'évolution d'une certaine jeunesse française durant les "trente glorieuses", et de raconter la manière dont on s'adressait à eux, dont on nourrissait leur imaginaire, et au passage ce projet serait également une manière de remettre certaines pendules à l'heure, de restituer l'histoire contemporaine "populaire" vue et vécue à travers le prisme de la jeunesse. Le fait que les éditions Vaillant soient issues directement de comités liés au PCF est évidemment une sorte de "pierre angulaire" de cet édifice, mais l'évolution du journal et la qualité de ses auteurs s'est parfois révélée totalement indépendante de cette quasi-tutelle.
    Et puis, il reste beaucoup de faits et d'informations formidables à partager, faire connaître, parfois corriger. Un fourmillement d'images et d'archives pour offrir un éclairage, sinon totalement original, en tous les cas très riche et stimulant, pertinent et impertinent, parfois émouvant sur cette période "illustrée".


    (ci-dessus : Richard Médioni, lors d'un long entretien pour le film, tenant en mains une pièce très recherchée des collectionneurs : le fameux Pif-gadget contenant les "pois sauteurs"... encore dans son emballage d'origine !
    Ci-dessous, Georges Rieu, rédacteur en chef qui a lancé la formule "Pif-Gadget", ici s'amusant d'être caricaturé par Gotlib dans un gag de Gai-Luron...))

    Depuis 4 ans, ce projet documentaire s'est développé, et il prenait parfois la tournure d'une course contre la montre. Les auteurs et ancien collaborateurs de Vaillant et Pif-Gadget encore parmi nous ont souvent démarré leur carrière dans les années 1950 ! Pour certain, comme Kline (dessinateur de la bande "Loup-Noir" dans Pif-Gadget), cette carrière a même démarré à la fin des années 40. (il a aujourd'hui 91 ans)
    Par conséquent, il y a une certaine urgence à recueillir des témoignages.
    Je me suis suffisamment lamenté sur le fait de n'avoir pu interviewer Raphaël Marcello et Jean Ollivier (respectivement dessinateur et auteur de "Dr. Justice", disparus à 2 ans d'intervalle, en 2005 et 2007), ni Jean Tabary (décédé en 2011), Roger Mas (dessinateur le plus ancien de Pif après son créateur Arnal), disparu en 2010, Paul Gillon (également décédé en 2011)...
    Travaillant seul en fonction des possibilités et des rencontres, mais à chaque fois dans un cadre professionnel (tant pour l'image HD que pour la prise de son), j'ai ainsi pu récolter des images inédites et souvent très précieuses.
    Une vingtaine de témoignages et d'autres images forment le coeur de ce corpus d'un genre particulier, visant à restituer une certaine mémoire illustrée de la jeunesse française (mais également hors de France, comme nous aurons l'occasion d'en parler !).

    (ci-contre : dessin-gag de Jacques Kamb, peu après notre première rencontre... par caméra interposée !)

    Les prochains articles de ce blog apporteront quelques éclairages sur divers personnages rencontrés durant le tournage, évoqueront les tournages eux-mêmes - passés ou à venir - ainsi que les documents trouvés, les recherches en cours, et constitueront (comme l'intitulé du blog le laisse pertinemment entendre... haha) une sorte de "journal de bord" de cette entreprise démarrée il y a plusieurs années et qui connaîtra un aboutissement à la fin 2013.

    Et ce n'est pas tout...

    D'autres événements liés à l'univers de Vaillant et Pif se profilent à la rentrée... et les lecteurs de ce blog en seront les premiers informés !
    Des surprises de taille... 
    _____________________

    Mais avant toute chose, je profite de ce 1er article du journal de bord pour partager quelques liens très utiles ou amicaux, qui ont permis parfois de démarrer une belle histoire, ou bien donnent à voir et parfois découvrir pour la première fois des documents magnifiques. C'est ma manière de les remercier d'être, eux aussi, ces ados éternels et éternellement émerveillés qu'on ait pu s'adresser à leur enfance en leur ouvrant autant de portes...

    (une série extraordinaire de fascicules retraçant de nombreux épisodes de l'histoire de Vaillant et Pif-Gadget, réalisés par Richard Médioni et Françoise Bosquet, avec l'aide d'Hervé Cultru, Mariano Alda, Bernard Ciccolini et plein de collaborateurs enthousiastes. Et c'était gratuit ! Malheureusement les numéros ne sont plus en ligne...)

    (Le site par lequel beaucoup de choses ont démarré, et notamment le livre de Richard Médioni, qui avait en quelque sorte lancé sur ce site les premiers articles de son futur ouvrage) - réalisé par Philippe Baumet

    (on y retrouve une série de clip et vidéos exclusives consacrées à des personnalités ou événements liés à Vaillant ou Pif)

    (Une partie du forum "Pimpf" est consacré à l'univers de Vaillant et Pif)

    (On y trouve régulièrement des articles mettant en valeur de magnifiques illustrations choisies dans l'histoire du journal Vaillant ou Pif)

    Les liens vers d'autres sites "amis" et généralement incontournables viendront agrémenter les articles suivants... ;-))

    Jean-Luc Muller - juillet 2012



    Clin d'oeil : dans le film "Peur sur la ville" d'Henri Verneuil (tourné en 1974, alors que Pif-Gadget est encore à son apogée !), on voit Jean-Paul Belmondo feuilleter un... "Docteur Justice")


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    La première démarche dans le travail de tout documentariste consiste en un "état des lieux" : à quel matériau a-t-on encore accès pour raconter l'histoire en question, et quels témoignages peut-on espérer recueillir ?
    Raconter l'histoire de Pif-Gadget sans remonter à ses origines eut semblé relativement facile, puisque ce journal est né officiellement en 1969. Pourtant, la majeure partie de ses auteurs "historiques" a disparu... Des scénaristes des débuts (qui furent aussi les principaux) Roger Lécureux et Jean Ollivier, aux dessinateurs et/ou auteurs géniaux que furent (dans le désordre) Cabrero Arnal, Raymond Poïvet, Raphael Marcello, Jean Tabary, Jean-Claude Poirier, Paul Gillon, Lucien Nortier, Jean Cézard, Michel Motti, Roger Mas, et j'en passe...  sont partis dans un monde meilleur avant d'avoir pu participer à cette saga.


    (ci-dessus : Cabrero Arnal, Jean Cézard et Roger Mas, en 1973)

    Heureusement, certains auteurs et dessinateurs ayant contribué aux grandes heures de Pif-Gadget sont encore parmi nous pour m'aider à raconter leur histoire ! 
    Je ne les mentionnerai pas tout de suite pour ménager quelques surprises ...

    Cela dit, quel intérêt de réaliser un documentaire sur l'histoire de Pif-Gadget sans raconter celle du journal Vaillant, qui en fut la matrice ? Autant raconter l'histoire du pain sans parler de la farine...
    Ci-contre, le dernier numéro du journal intitulé encore "Vaillant - le journal de Pif" avant son changement radical de formule, qui allait ouvrir sur un quart de siècle de transmutations successives. En cliquant sur la couverture, on accède à une page du blog "Vaillant-pif-gadget" qui évoque en images son contenu.
    A lire aussi, sur le site "Pif-Collection"

    Après la rencontre amicale avec Richard Médioni (au sujet duquel je reviendrai en septembre !) la première prise de contacts très informelle avec les anciens de Vaillant et Pif eut lieu en 2004 au Bataclan. On y fêtait ce soir-là une "résurrection" du journal Pif-Gadget, qui se révélerait éphémère mais suscitait alors un énorme enthousiasme. 
    Parmi les auteurs présents je fis notamment la connaissance de Jacques Nicolaou (dessinateur de "Placid et Muzo"), de Jacques Kamb (Couik, Dicentim le petit Franc) et surtout de Jean Ollivier, peut-être mon scénariste préféré de l'histoire Vaillant / Pif-Gadget, dont le sens de l'aventure humaine avait fait rêver les lecteurs des séries "Yves le loup" ou "Capitaine Cormoran" dans Vaillant, puis "Docteur Justice" ou "Loup-Noir" dans Pif-Gadget... Nous nous promîmes de nous revoir ultérieurement, tandis que je captais quelques images-souvenirs de la soirée, avec un petit camescope DV.
    Malheureusement il disparut l'année suivante, sans que j'aie pu le revoir.


    Quelques images de la soirée de ressortie de Pif-Gadget en 2004 :

    L'absence des 2 scénaristes "historiques" du journal (Roger Lécureux, le plus prolifique de tous, s'était éteint en 1999) augurait mal de l'avenir de mon projet.
    En 2006 je repris mon bâton de pèlerin, caméra en main, profitant de la présence de 2 auteurs sur le salon de la BD au Parc Brassens (15e arrondissement).
    Je ne parlerai pas ici de Jacques Kamb, auquel je consacrerai la semaine prochaine un long article, tant il m'a ouvert de portes et de pistes pour ce film, mais d'André Joy.

    De son véritable nom André Gaudelette, ce Monsieur de la BD avait un style graphique absolument unique en son genre. Ma découverte assez récente des différentes époques du journal Vaillant et notamment de ses bandes, m'avait laissé un souvenir émerveillé. 
    Un peu timidement, je lui demandai l'autorisation de tirer de notre rencontre impromptue quelques images que je me proposai de mettre en ligne ensuite et dont je lui ai d'ailleurs envoyé une copie en DVD. D'une grande gentillesse sous ses airs bourrus, il ne se contentait pas d'une simple dédicace pour les lecteurs, mais réalisait à leur intention un vrai beau dessin qui lui prenait un quart d'heure. D'ailleurs, on m'a raconté qu'il emportait souvent des albums chez lui (quand il restait 2 jours sur un salon) et s'astreignait à réaliser pour chaque lecteur  qui n'avait eu sa dédicace un magnifique dessin, qu'il leur remettait le lendemain...
    Je conseille à tous les amateurs de belle BD de se procurer les albums rééditant les bandes d'André Joy, en commençant par "Jojo des rues" et "P'tit Joc" !

    André Joy participait parfois au Salon de la BD de Collection organisé par le regretté Georges Gasco. J'espérais le revoir pour un entretien qui me permettrait de recueillir ses souvenir de Vaillant (il avait quitté le journal en 1956, furieux de l'absence de réaction du PCF après l'intervention russe en Hongrie - cette simple anecdote donne à la fois une idée du personnage mais plus encore, une idée des contradictions au sein du PCF et du journal Vaillant à l'époque, élément précieux pour ma réflexion sur l'histoire du journal).
    Malheureusement son état de santé se dégradait et je n'osais le contraindre à un entretien vidéo dont il semblait peu friand...

    Il nous a quittés en mars, et j'en parlais dans une chronique ici, qui fut l'occasion d'évoquer aussi Georges Gasco et mettre en ligne une version de meilleure qualité du petit clip que j'avais tiré de notre courte rencontre :



    Il ne sera pas dans le film, malheureusement.
    Mais d'autres y figureront, et pas des moindres ! La plupart (une quinzaine !) sont "déjà en boite" tandis qu'il me reste à partir à la rencontre d'une poignée d'autres : dessinateurs, scénaristes ou rédacteurs.



    ********************
    La semaine prochaine, justement, j'évoquerai les rencontres avec Jacques Kamb, un "pilier" qui a accompagné quasiment toute l'histoire de Vaillant à Pif-Gadget et auquel j'ai déjà consacré plusieurs sujets en vidéo (me réservant tout de même de précieuses images inédites et séquences magnifiques pour le film à venir !). 

    A la semaine prochaine !




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    Ah, Jacques Kamb ! 
    Je ne sais par où commencer cette longue chronique, car Jacques a été le tout premier des auteurs de Vaillant et Pif que j'aie rencontré et filmé ; celui que j'aurai filmé le plus souvent et le plus longuement ; celui que j'aurai filmé pendant qu'il collaborait avec la nouvelle version de Pif-Gadget (2004-2008) et également après la fin de cette histoire-là ; le tout premier auquel j'ai consacré un DVD sur sa carrière, et puis, tout simplement, Jacques Kamb est devenu un ami.

    Inutile de préciser que dans mon film, il tiendra une place importante puisqu'il est le seul auteur de BD vivant à avoir pu travailler dans TOUTES les versions de Vaillant et Pif-gadget, et ce dès le début des années 50 !
    Jacques Kamb a débuté comme dessinateur de presse et son trait - assez proche de celui de Jean Effel - a servi en particulier pour des gags ou rubriques "humo" dans le quotidien L'Humanité, puis dans le journal Vaillant. (voir en fin de cette chronique un extrait vidéo sur cet aspect de sa carrière).


    (Jacques Kamb en 1973, quand sortait Dicentim le petit Franc dans Pif-Gadget)

    Les anciens lecteurs de Pif-gadget connaissent son personnage de "Couik, l'oiseau préhistorique" (créé dans le premier numéro de Pif-Gadget en 1969) et surtout "Dicentim le petit Franc", dans le journal à partir de 1973. (et tiens, curieux hasard, Dicentim aura pile 40 ans lorsque ce film sera terminé !). Chaque fois que j'ai évoqué Pif-gadget et les personnages du journal auprès d'anciens lecteurs, au cours du tournage, Dicentim était l'un des rares à être systématiquement cité.

    Je ne vais pas m'étendre sur l'immense carrière de Kamb ou ses diverses bandes et albums.
    Pour tout savoir sur lui, il y a UN site, et un seul, dans lequel absolument tout ce qu'on peut imaginer sur Jacques Kamb est répertorié par son plus grand fan monomaniaque : Frédéric Maye. Ce site est le DICENTIMBLOG :




    Premières rencontres.

    J'ai fait la connaissance de Jacques Kamb en 2004, au cours de la soirée de lancement du nouveau Pif-Gadget (déjà mentionnée, avec clip vidéo, dans la chronique précédente).  Plus tard, il a fait partie de l'équipe de "Période Rouge", la revue gratuite (uniquement sur le web) qui proposait une foultitude de dossiers richement illustrés sur l'aventure de Vaillant et Pif-Gadget.
    En 2006, je me propose de recueillir auprès de lui un témoignage de son parcours avec Vaillant et Pif, et le premier tournage (en vidéo DV, à l'époque) eut lieu pendant un Salon de la BD de Collection.
    Nous nous sommes retrouvés chez lui pour plusieurs sessions d'entretiens filmés.
    (photo ci-contre © Totoche)


    L'année suivante, j'en tirai un film de 26 mn (resté inédit en TV) pour lequel je réalisai au passage ma toute première animation (de quelques secondes !) pour le générique, puisque je faisais voltiger Couik au-dessus du royaume de Poilempogne...

    La même année, Jacques sortait son premier album consacré au personnage de Couik, auquel très rapidement allaient succéder une dizaine d'autres albums de ses personnages principaux : "Dicentim le petit Franc" et "Zor et Mlouf". Une projection du film et une soirée de dédicaces (en musique !) pour fêter ça eut lieu à Paris...
    (Voir les liens vers des séquences du film en fin de cette chronique).


    (Quelques privilégiés ont pu se procurer ce petit DVD hors-commerce, à sa "sortie".
    Pour ceux que ça intéresse, je peux éventuellement en fournir si on m'écrit pour cela. Comme il est créé à la demande, il en coûterait 12€. 
    Je précise que ça ne me rapporte pas un kopeck et que je fais cela à titre exceptionnel, et seulement si on me le demande gentiment et sans faire de fautes d'orthographe... !!)


    Deuxième salve :
    Fête de l'Huma et confidences...

    En septembre 2007, j'accompagnais - toujours armé de ma caméra - Jacques Kamb, Richard Médioni et quelques autres sur un stand de la Fête de l'Huma.
    L'occasion de voir Kamb en contexte de dédicace, mais aussi de rechercher à quoi pouvaient ressembler l'ambiance des stands de Pif-Gadget de la grande époque, au début des années 70...
    Dans le petit clip que j'ai tiré de ce moment ensoleillé, on retrouve Jacques et son fils, ainsi que Gérard Miller (ha ha) et on se rend compte de la convivialité de cette "camaraderie" qui n'est pas, dans ce cas, un mot uniquement de circonstance... (cliquer sur l'image : )


    A cette occasion, j'ai également tourné une séquence dans laquelle on voit Jacques préparer des cartons de ses albums et évoquer ses souvenirs de la Fête de l'Huma. Ces images sont restées inédites et je ne sais pas encore si elle s'inséreront dans le film.

    3ème acte : Jacques et les vétérans !

    2009 a été le tournant décisif dans le projet du film. Tournages désormais en HD, interviews d'auteurs et trouvailles en tous genres. Un clip avec André Chéret pour les 40 ans de Rahan, dont les images non montées sont réservées au documentaire, 2 tournages avec Gerald Forton, idem. Et également les rencontres et interviews de plusieurs autres auteurs... mais je préfère garder quelques surprises pour plus tard... ;-)
    L'année suivante, un festival organisé à Bourgoin-Jailleu est l'occasion de filmer les retrouvailles de 3 piliers "humour" de l'histoire de Pif-Gadget : Jacques Nicolaou, Yannick et bien entendu Jacques Kamb.
    Cette rencontre au sommet du gag n'était pas survenue depuis les années 70 !
    (photo © J-Luc M.)
    Non seulement l'événement me permet d'archiver des images formidables sur place (rencontres, débats sur Pif-gadget, etc...), mais en prime je mets en boîte des interviews de Nicolaou et Yannick (j'y reviendrai dans une chronique ultérieure) et je rencontre un couple dont l'histoire est "intimement" liée à Vaillant, puisqu'ils vendaient les premiers numéros en 1945 alors qu'ils étaient encore gamins...

    Rebelote : "Coupez ! Cette fois, c'est la bonne !"

    Depuis la sortie du petit film en DVD consacré à Jacques Kamb (c'était la première fois qu'on s'intéressait en format audiovisuel à la carrière de Kamb !), je me disais qu'il était vraiment dommage que Kamb soit in fine le "mal loti" parmi tous ces auteurs de BD du film, surtout en regard de sa longévité. Mal loti en termes de qualité d'images ! Les interviews ayant servi au montage du film en question avaient été réalisées en format DV, tandis que par la suite, tout le monde a eu droit au traitement haute-définition (qui est devenu la norme en télévision, puisque plus aucun poste TV vendu n'a désormais de format "carré", et par ailleurs la définition de l'image est sans comparaison.

    En 2011, nous décidons de nous retrouver chez lui pour une "ultime" séance de torture filmique, et non seulement cela me permet de refilmer des séquences, mais surtout dans l'intervalle d'autres archives et découvertes permettent d'aller un peu plus loin. En outre, ma propre perception de l'histoire de Vaillant et Pif-gadget a beaucoup évolué (surtout après lecture de "Période rouge !") et les sujets abordés sont plus approfondis.
    (photo à droite : © Rémy Kamb)

    Ci-dessous une image tirée du tout premier tournage d'interviews et ensuite 2 images provenant des rushes HD.
    Comme on dit : "y'a pas photo !"... :


    (Ci-dessus : image DV du tournage de 2007 - en-dessous : 2 images tirées du tournage HD de 2011)

    ("Arnal, c'était la perfection !", s'exclame Kamb dans cette séquence)


    Pour finir en images : du beau, du bon....


    En haut : souvenir des couvertures de Jacques Kamb pour "La vie ouvrière" dans les années 70. Un style dynamique et plein de fantaisie...  Ci-dessous : caricature de Jacques Séguéla dans les années 80. Kamb a "croqué" de nombreux portraits dans ce style, dans les années 80.


    Ci-dessous : dernière case du tout premier gag réalisé par Kamb pour la reprise, après 25 ans d'absence, de son personnage Couik... :

    Au printemps de cette année s'est tenue une formidable expo consacrée à Pif-gadget... à Bucarest ! 
    Si j'en ai le temps, je reviendrai peut-être sur cet événement auquel, malheureusement, je n'ai pu assister. Je tenterai d'en récupérer quelques images "d'archives", histoire de mieux évoquer l'impact de ce journal sur la jeunesse roumaine (et plus largement sur la jeunesse du "bloc Est", privée de lectures capitalistes occidentales... à l'exception des publications Vaillant, encore considérées là-bas comme "camarades" par le régime en place, et permettant accessoirement aux gamins roumains d'apprendre le français avec bonne humeur.... Jacques Kamb fut l'invité d'honneur de l'inauguration, en compagnie de Mircea Arapu, dessinateur ayant repris plusieurs personnages dans la dernière version du journal et dont le blog offre notamment ce petit compte-rendu en images (cliquer sur l'affiche) :

    J'aurai l'occasion de reparler ultérieurement de Mircea (interviewé l'an dernier pour le film)... et de la sortie de son livre !  :-)

    Et enfin...
    UN SCOOP ! Un dessin réalisé pour moi, histoire de se souvenir que Zor et Mlouf, en 1965 dans Vaillant, avaient inventé deux ou trois choses qu'on retrouverait sous une autre forme (mais en moins comique !) au cinéma... :




    Cette chronique fut particulièrement longuette.... mais Kamb méritait bien ça !
    Promis : la prochaine sera beaucoup plus digeste en lecture !



    Les liens pour s'y retrouver :

    Le DICENTIMBLOG ! : pour TOUT savoir sur Kamb... et plus encore !

    "Le petit monde de Kamb" - séquence dessins de presse

    "Le petit monde de Kamb" - séquence "la saga Couik"

    "Le petit monde de Kamb" - séquence sur l'histoire de Dicentim

    Interview vidéo : Kamb fête ses 75 ans et répond aux questions des lecteurs

    Fête de l'Huma 2007 avec Jacques Kamb et l'équipe Vaillant Collector

    Le blog de Mircea Arapu



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    Avant de publier quelques chroniques très "touffues" de tournages passés et à venir, avec au passage le portrait de personnalités rencontrées, qui furent des piliers de Vaillant ou de Pif-Gadget (toutes époques confondues), une petite réflexion de rentrée au sujet des lecteurs.

    Raconter un journal d'illustrés pour la jeunesse, c'est évidemment en creux une manière de raconter le contexte d'une époque, la philosophie ou l'idéologie qui animent les créateurs et auteurs, mais on peut également se dire que chemin faisant, on décrira le quotidien et le point de vue des lecteurs. 
    Or, j'ai constaté que la manière d'évoquer ces lectures d'enfance et de jeunesse, selon qu'on interroge des lecteurs de Vaillant de 1950, de Pif-gadget de 1970 ou du même journal en 1985, on obtient des ressentis très différents et une manière d'en parler qui aura autant de points communs que de divergences énormes.


    A gauche : Vaillant en 1946  -  à droite : Pif-Gadget en 1989.
    En l'espace de 43 ans, un véritable bond quantique
    dans le culture populaire destinée à la jeunesse !

    Les lecteurs de l'immédiat Après-Guerre vivaient dans un contexte de pénurie. Les "illustrés pour la jeunesse"étaient une fenêtre vers un "ailleurs" nécessaire, qui offraient en peu de pages (les illustrés de l'époque avaient 8 à 16 pages, rarement plus) et sur papier journal des histoires édifiantes et parfois cocasses, mais toujours paternalistes. 
    Les débuts de "Vaillant" ne dérogeaient pas à cette règle implicite, avec ceci de différent (comparativement à la presse catholique familiale, dominante alors) que le journal se voulait également un démarquage affirmé des bandes américaines qu'il "pompait" pourtant allègrement, comme tous les autres illustrés français de l'époque (on en reparlera, car il y a beaucoup de choses à en dire et que l'évolution sera finalement plutôt à l'avantage de ce journal... !). 
    Quelques héros présentés par Vaillant en 1952...
    Le souci d'ouverture des jeunes lecteurs au monde qui les entoure était une priorité pour certains de ses concepteurs (notamment Madeleine Bellet, résistante communiste et membre de l'équipe fondatrice du journal, qui fera partie du Comité qui créa la fameuse "loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse" - façon détournée de réduire l'audience des illustrés américains !). Il fallait distraire cette jeunesse, encore traumatisée par la guerre (et qui en subissait encore les privations) et avide d'évasion, d'activités, de mouvement...

    Les jeunes lecteurs des époques consécutives liront leur journal dans un contexte économique et culturel très différent, et leur manière de le lire et de s'en servir auront peu de choses en commun avec la génération précédente. Cette pratique de lecture suivra de près l'évolution de l'importance accordée par la société à ces loisirs d'enfance.



    Je me suis également aperçu (mais c'était prévisible) que les souvenirs des anciens lecteurs de Vaillant ou Pif-Gadget n'étaient pas uniquement liés au plaisir de se souvenir de telle ou telle lecture, de tel ou tel gadget... mais dans leur manière de rappeler à leur mémoire ces lectures, il y a généralement un renvoi immédiat à l'idée rétrospective qu'ils ont de leur enfance et à l'idée qu'ils se faisaient à l'époque de leur vie et de leur avenir. En retrouvant les aventures de Yves le Loup, le dessinateur Baru retrouve sa passion d'enfance pour l'aventure (il lisait cela en 1957 et le raconte dans "Les années Spoutnik") ; quand il se replonge dans "Dr Justice", un autre ancien lecteur (célèbre, mais dont je ne veux pas dévoiler l'identité ici !) se souviendra de son envie de se mettre au judo et même, des années plus tard, d'adapter un jour l'histoire en feuilleton...

    VAILLANTS et VAILLANTES...
    Au lendemain de la Guerre, les enfants étaient une préoccupation particulière : ils représentaient l'avenir, la reconstruction du pays... 
    Un peu à la manière des Scouts, les comités du PCF avaient lancé les clubs des "Vaillants et Vaillantes", sous l'égide du journal. On y faisait du sport, il y avait des sorties "culturelles" et des ateliers... et on accompagnait aussi les adultes pour les défilés du 1er mai, comme on peut le voir sur cette image tirée d'archives audiovisuelles lors d'un défilé du 1er mai des années 50. (en plus, ils défilaient dans MON quartier... !) On reconnait très bien la forme stylisée du logo du journal ! :



    J'ai eu l'occasion, en 2010, de rencontrer et d'interviewer un couple d'anciens lecteurs et... vendeurs des tout premiers "Vaillant", qui ont la particularité d'avoir connu le journal dès 1945 (ils le vendaient en culottes courtes, alors qu'ils faisaient partie des clubs "Vaillants et Vaillantes") et surtout, de s'être rencontrés dans le girond de ce journal... et ne plus s'être quittés pendant les 60 années qui ont suivi ! 
    Cécile et Jacques, militants de la première heure, figureront évidemment dans mon film... ;-)


    En 1945, dans la rue, Cécile et ses Vaillant...

    En 2010, devant ma caméra : Cécile et son mari... toujours vaillants !


    Cécile et Jacques évoqueront leur rencontre, mais aussi leur manière de "transmettre le flambeau" aux enfants et petits-enfants. Cécile m'a montré comment elle nouait son foulard des "Vaillantes" et m'expliquait à quoi servaient ces petits sacs à l'effigie du journal, destinés aux invendus... que les Vaillants et Vaillantes revendaient à la criée !



    Georges Rieu, qui fut rédacteur en chef de Vaillant dans les années 60 et a imposé le tournant vers Pif-Gadget en 1969, me le raconte en interview dans le documentaire : lorsqu'il a souhaité progressivement abandonner les récits "à suivre", il épousait en réalité l'évolution des goûts et du rythme de la jeunesse de l'époque, qui n'avait plus la patience de ses aînés et voulait dévorer des aventures sans pour cela patienter plusieurs mois avant d'en connaître le dénouement.

    Avec Pif-Gadget, l'hebdomadaire sera "tout en récits complets" et surtout, le journal se mettra progressivement à s'adapter, et même à partir du milieu des années 70, à singer et racoler le grand média qui dominera désormais l'essentiel des occupations de loisirs des enfants et des parents : la télévision.
    Ce sera l'un des grands sujets du film, agrémenté de quelques pépites et archives dont je ne dévoile évidemment rien ici ...

    A suivre ! 

    (Très bientôt, les portraits vaillantesque de grandes "pointures" de l'histoire de Pif-Gadget, rencontrées pour le film... :-))

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    De tous les sujets et récits abordés et "exploités" chez Vaillant, il est un thème qui a toujours fait l'unanimité, de manière presque caricaturalement contradictoire : le western ! Cette thématique sera développée dans le film, car elle correspond à un véritable phénomène culturel et sociologique de l'après-guerre (jusqu'au milieu des années 70)
    Dans un illustré pourtant destiné dès le départ à la jeunesse "progressiste", issue du PCF (et de manière générale peu encline à une attitude complaisante vis-à-vis de tout ce qui vient des Etats-Unis...), le western sous toutes ses formes a été le genre-phare pendant plus de 3 décennies. 
    L'exotisme des grands espaces et des conflits qui se résolvent à coups de revolvers ont fait fantasmer des générations de lecteurs et de cinéphiles, particulièrement au lendemain de la Seconde Guerre. Une génération inondée d'un coup par le cinéma américain et ses mythes.


    Ci-dessus : un supplément au Vaillant 552 (1955) proposant l'un des westerns vedettes de l'époque dans le journal, "Sam Billie Bill" dessiné par Lucien Nortier, et à droite la couverture du Vaillant 1010 (de 1964), qui met l'indien à l'honneur, comme ce sera souvent le cas dans les récits illustrés et les BDs.
    Parmi ces jeunes gens imprégnés par le western et la série noire américaine (y compris avant-guerre, avec la lecture des BDs américaines importées dans "Hop-là" et "Robinson", par exemple)), il y avait notamment Gerald Forton (né en 1931 ; petit-fils de Louis Forton) et Roger Lecureux (né en 1925, scénariste-vedette de Vaillant et l'un des futurs rédacteurs en chef de Pif-gadget - son personnage le plus célèbre étant Rahan).

    (Gerald Forton et l'un de ses chevaux en Californie, 2007
    image © Amélie Boiron)
    Gerald Forton réside depuis 32 ans aux Etats-Unis. 
    Passionné de chevaux, il possédait un ranch dans le sud-ouest de la France, et aujourd'hui il lui arrive encore de participer à des démonstrations de rodéo en Californie...
    Les lecteurs de Spirou se souviennent de ses bandes pour les "Histoires de l'Oncle Paul". Les lecteurs de Pilote gardent un souvenir nostalgique de son dessin pour Bob Morane.

    Quelques amateurs de BD classique franco-belge savent qu'il a dessiné le premier tiers de l'album "L'affaire du collier" de la série Blake et Mortimer.
    Ces 16 premières planches sont un étonnant compromis entre le style très pointilleux de Jacobs et la manière "américaine" de Forton, jusque dans les encrages.
    Pour ceux qui auraient des doutes, il suffit de comparer les premières pages avec les dernières... ou de remarquer ci-dessous, avec la 1ère case de l'album, la manière élégante de dessiner les femmes... ce que semblait se refuser le créateur de Blake et Mortimer !
    Les bédéphiles américains connaissent de lui ses collaborations à Marvel (Jonah Hex, ou le super-héros Black Lightning...).
    Quelques réalisateurs américains ont conservé certains de ses storyboards pour des séquences de films (voir dans les liens, un peu plus loin)

    Les anciens lecteurs de Vaillant puis Pif-gadget se rappellent de son style si "américain" pour des westerns et récits policiers, mais avant tout pour son "Teddy Ted", magnifique western réaliste qui renvoyait autant aux films de John Ford, Henry Hattaway ou Anthony Mann qu'aux débuts du western-spaghetti. Je ne suis pas le seul à penser que Teddy Ted, que Forton a dessiné pendant 11 ans, est son véritable chef d'oeuvre et la série qui lui est la plus proche (style, thèmes, souci du réalisme...). Si Blueberry est sans doute - en France - la référence absolue du western réaliste en BD, Teddy Ted restera peut-être "l'autre grand western en BD" méconnu, plus classique mais néanmoins passionnant.

    Dans Pif-gadget, en 1975, lorsque la rédaction décide d'abandonner Teddy Ted - considéré comme appartenant trop au passé - Gerald Forton allait se voir proposer pendant une année l'adaptation de la célèbre série TV "les Mystères de l'Ouest"...



    (ci-dessus à g. : la dernière planche du 1er "Teddy Ted" (scénario de Jacques Kamb, dessin de Hidalgo, alias Yves Roy) et à droite l'annonce du retour du Teddy Ted "new look", scénarisé par Lecureux et dessiné par Forton - en 1964)

    J'ai eu l'occasion d'interviewer Gerald Forton à trois reprises, ce qui permettra d'aborder dans le film cet aspect très intéressant de la culture populaire "jeunesse", y compris dans Vaillant. Il m'a raconté la manière dont le western est arrivé pour les gens de sa génération, son travail avec Roger Lecureux, comment Vaillantétait perçu et aussi une anecdote sur l'un des très rares petits accrocs "idéologiques" avec la rédaction, sur une BD guerrière - alors qu'en fait on l'a toujours laissé totalement libre de s'exprimer graphiquement et proposer des récits inspirés de classiques américains dans ce journal communiste !

    Et il a dessiné pour la caméra ce qu'il aime le plus au monde : les chevaux...
    Le dernier tournage a eu lieu début décembre 2012, puis Gerald a repris l'avion. Le reverra-t-on en France ? A suivre...

    Il y a 3 ans, j'avais réalisé un petit sujet vidéo sur Forton, mais l'ai retiré provisoirement, car d'une part il contient des images que je souhaite garder pour le film, et d'autre part je mettrai en ligne à la rentrée un sujet sur Teddy Ted, dont Gerald Forton vient de réaliser une nouvelle bande inédite, 35 ans après la fin de la série dans Pif-gadget...
    Au passage, je tiens à remercier chaleureusement Gérard Boiron et toute sa famille pour leur accueil et pour la possibilité qui m'a été donnée grâce à eux de rencontrer et d'interviewer Gerald Forton (sans oublier la gastronomie angevine, qui est un autre sujet, trop long à développer ici ! haha). Merci également à Paul Leroux, à la librairie Amazonie BDfan de Forton qui m'a permis de tourner en toute impunité dans sa librairie envahie d'aficionados en file indienne, leurs albums à dédicacer à la main...



    Je renvoie aux sites ci-dessous pour en savoir plus sur la carrière phénoménale de Gerald Forton, et aussi sur Teddy Ted :







    ... et ne pas oublier la somme astronomique que représente le livre de Richard Medioni, "L'histoire complète 1901-1994", sur la saga de Vaillant, Pif et quelques autres, qui contient un chapitre sur Gerald Forton (auquel je ne suis pas peu fier d'avoir contribué). 


    __________________

    Débuts de Forton chez Vaillant en 1950, en même temps que Jean-Claude Forest : dans le premier "petit format" français : 34 Caméra (également baptisé au début "34 aventures") dans lequel ont démarré quelques pointures de la BD française, notamment J-Claude Forest et Paul Gillon !.  On remarque immédiatement, ci-dessous, l'influence des BD américaines de l'époque, notamment celles dessinées par Milton Caniff.




    Le "Red Ryder" de Fred Harman, créé avant-guerre, est l'une des références les plus souvent reconnues par Gerald Forton lui-même, quand il dessinait Teddy Ted. Il m'a raconté avoir apprécié le réalisme de l'ambiance de ce western, et le fait que le cow-boy n'y soit pas uniquement une figure mythique, mais un vrai "garçon-vacher" !











    Gerald Forton a appliqué son style très "américain"à l'un des personnages-phares de Vaillant : le journaliste enquêteur Jacques Flash. A comparer avec son "Bob Morane", qu'il dessinait en parallèle à la même époque.
    (Pour la petite histoire, certains récits étaient écrits par Georges Rieu, futur rédacteur en chef de Vaillant et créateur de la formule Pif-gadget...)

    L'un des passe-temps de Forton, devant l'une de ses lectures d'enfance. 
    (photo prise en 2010). Il m'a d'ailleurs confié que selon lui, Robinson (qui ne contenait que des bandes américaines importées) a été un peu la matrice de la maquette de Vaillant, au niveau de sa composition et de l'agencement des séries qu'il contenait.


    En 1973, Teddy Ted est l'un des rares personnages de Pif-gadget qui ait droit à son trimestriel. Dr Justice connaitra le même honneur ; Rahan sera le seul personnage à poursuivre l'aventure de la publication indépendante au-delà de Pif. 
    (Ci-dessus : case de démarrage "classique" pour Teddy Ted, dans le n.192 de Pif-gadget.
    On sent le plaisir qu'éprouve Forton à dessiner l'arnachement du cheval.)


    La reprise des "Mystères de l'Ouest" dans Pif-gadget en 1975 correspondait à une vague d'adaptations de séries à succès de la TV. Malheureusement les récits trop courts et aussi certaines mises en couleurs hasardeuses (par un stagiaire daltonien ??) ont sans doute peu fait pour qu'elle dure... 
    (ci-dessus une planche originale et sa parution en version "colorisée" dans Pif-gadget...)


    Exercice toujours périlleux avec "Forton le taciturne" : l'interview devant une caméra !
    Ici, en décembre 2012 devant quelques belles planches de Teddy Ted ou Bob Morane, après leur exposition au festival Angers BD.



    35 ans après la fin de la série dans Pif-Gadget, Gerald Forton s'est amusé à réaliser un épisode inédit de Teddy Ted, comme un clin d'oeil au passé. Récit précédé d'une interview très intéressante par Louis Cance et Bertrand Pissavy-Yvernault.

     

    Evénement rare : séance de dédicaces de Forton à Paris, dans la librairie "Amazonie BD".
    Un public de lecteurs admiratifs, qui a l'impression (à juste titre !) de se retrouver devant un monument de la BD... 


    Au moins, les dédicaces de Forton valent le détour, surtout lorsqu'il croque Teddy Ted sur son cheval, par exemple. 
    :-)


    Et pour finir : on n'oubliera pas que Gerald Forton est le petit-fils du créateur des Pieds-Nickelés ! Il a très peu connu son grand-père, disparu alors qu'il était enfant, mais il est resté attaché à ces personnages... qu'il est d'ailleurs en train de reprendre à son tour, pour des récits inédits. On verra le résultat dans les mois qui viennent...  (photo prise en 2008)

    Une photo très "lonesome cowboy" de Gerald Forton sur son cheval, face au désert du Mojave en Californie, prise en mars 2013 :



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    De tous les personnages créés par les éditions Vaillant, seule une poignée a véritablement résisté au temps et reste dans l'esprit des générations plus jeunes.
    On peut citer Corto Maltese, Dr. Justice, Gai-Luron, Placid et Muzo, les Pionniers de l'Espérance (pour les plus âgés), Dicentim...  mais surtout et avant tout, les anciens lecteurs et même ceux qui n'ont pas vraiment vécu la saga Pif-Gadget connaissent et citent volontiers RAHAN, le fils des âges farouches !
    Il y a de nombreuses raisons à cela (attrait toujours renouvelé pour la Préhistoire, figure emblématique du héros façon Tarzan, aventures exotiques, personnage positif et éventuellement icône sexuée plaisant également aux filles...) mais au moins DEUX raisons indiscutables peuvent expliquer la longévité du fils de Crâo au-delà de son géniteur scénaristique (Roger Lécureux est décédé il y a 13 ans) et de sa publication d'origine (Pif-Gadget a cessé de paraître en 1993, et la version ressuscitée au milieu des années 2000 ne proposait que des reprises assez anciennes du personnage) : 
    La 1ère, c'est le trait si caractéristique et dynamique d'André Chéret, et la 2nde, le fait que Rahan ait connu ses propres publications dès les années 70, et des éditions d'albums qui se poursuivent aujourd'hui.


    Ci-contre : annonce pour la sortie du trimestriel Rahan.
    Ce trimestriel connaîtra une magnifique série de couvertures épiques, et marquera le départ d'une vie parallèle pour Rahan, visible en kiosques indépendamment de Pif-Gadget.
    (J'ai repris cette illustration du blog 
    http://vaillant-pif-gadget.over-blog.com
    dont l'auteur est un fondu absolu de Pif, Vaillant.. et Rahan, et qui propose régulièrement de magnifiques scans d'illustrations tirées de Pif-gadget ou Vaillant... Faites-y un tour de ma part !)

    Je ne vais pas ici raconter toute la saga de Rahan pendant et au-delà des éditions Vaillant.
    Je vous suggère d'aller explorer
    le site officiel qui lui est consacré : 

    Vous y trouverez TOUT : les albums, les gadgets, les adaptations en dessins animés, le projet de film...

    Mais puisque mon documentaire évoquera longuement et de diverses manières la création de ce personnage et sa pérennité, l'inscrivant pleinement dans le projet éditorial de Pif-gadget (l'idée avait longtemps travaillé Roger Lécureux avant que la rencontre avec LE dessinateur idéal donne le départ à cette longue aventure), je livre quelques réflexions et pistes (déjà et souvent abordées ailleurs) :

    Dans le petit film que je lui avais consacré à l'occasion du 40ème anniversaire de Rahan, André Chéret m'avait raconté à sa façon une partie de la genèse du personnage : notamment sa blondeur, étonnante pour un homosapiens de son époque, qui est certainement ce qui reste d'un autre projet de personnage que portait Chéret : un Gaulois blond, portant d'ailleurs un intéressant collier, pas très éloigné du collier de griffes de Rahan ! (cliquer sur l'image-titre pour visionner le film : )


    L'époque de sa création - l'année 1968 - n'est pas innocente non plus, si l'on considère les aspirations d'une certaine jeunesse vers la liberté, le retour à la nature, etc...

    (Rappelons que Rahan a été publié pour la première fois dans le 1er numéro de Pif-Gadget, le 24 février 1969... et a donc exactement le même âge que ce journal !)

    Le succès de Rahan fut quasi-immédiat et fulgurant, à tel point que la rédaction de Pif-Gadget croulait sous le courrier de lecteurs réclamant plus d'aventures du personnage. 
    Or, depuis la création de la formule "tout en récits complets", Pif-Gadget proposait non plus des histoires à suivre indéfiniment à raison de 2 planches hebdomadaires, mais de grandes histoires de 20 planches (dans le cas de Rahan notamment) !
    Pour accélérer la parution des récits de Rahan, en 1974, on a suggéré la création d'un atelier dans lequel André Chéret formerait un ou deux autres dessinateurs capables de l'épauler pour répondre à la demande.
    Mais la direction de Vaillant, désormais tiraillée entre la créativité de la rédaction et les demandes pressantes de son service commercial, décida de faire dessiner de manière autonome quelques aventures de Rahan à l'italien Guido Zamperoni (qui signait Guy Zam), sans que Chéret en soit averti... D'ailleurs, le résultat déçut les lecteurs, qui ne retrouvaient pas la "patte" magique du créateur graphique qu'était Chéret. 
    L'espagnol Enrique Romero, formé lui par Chéret, réussit ensuite beaucoup mieux et ira jusqu'à calquer totalement les cadrages et le style général des bandes de Chéret..

    (Le dessin ci-contre à droite est de Roméro... mais en cliquant dessus, vous tomberez sur un forum où un internaute très perspicace a trouvé où et comment le dessinateur a pompé sur son maître, histoire de bosser mieux et surtout plus vite... !)
    L'apogée de Rahan et de son dessinateur : le prix Phénix en 1974. Les personnages de Pif-Gadget - et bien d'autres ! rendent hommage au personnage et c'est une lune de miel qui va rapidement se transformer en cauchemar pour le dessinateur, obligé de justifier son statut de co-créateur du personnage auprès de la direction des éditions Vaillant... 2 ans plus tard, la situation sera réglée, mais laissera quelques traces...

    Mais un jour qu'André Chéret - qui avait accepté de mauvaise grâce cette situation - vint demander une avance de droits d'auteur, on lui annonça qu'il n'y en avait pas puisqu'il n'était "que" le dessinateur, c'est-à-dire un salarié... Or, le créateur graphique fait partie intégrante de l'oeuvre. 
    Les tracasseries juridiques qui s'ensuivirent pendant plusieurs années entre Chéret et les éditions Vaillant donnèrent raison au premier, et depuis cette époque, les dessinateurs ayant participé à la création d'un personnage partagent avec le scénariste une part des droits liés à ce personnage. (je simplifie à outrance car ce n'est pas le sujet ici).
    Moralité : les éditions Vaillant savaient innover, promouvoir de belles idées et communiquer avec le public... autant qu'elles pouvaient se comporter comme n'importe quelle société commerciale dans le secteur de la presse, un brin d'opacité en plus. 


    (2 annonces parues dans Pif-Gadget alors que RAHAN étéait devenu le personnage le plus populaire du journal. Ici, pour 2 albums co-édités par Hachette et pour la parutions en version bimestrielle)

    André Chéret ne souhaite plus revenir sur cette période (mais nous aurons l'occasion d'en synthétiser les tenants et aboutissants dans le film) et préfère nettement évoquer les aventures du héros qu'il a créé sous l'impulsion géniale de Roger Lécureux, son goût pour l'action et les mises en page "coup de poing", son souci du dynamisme...

    Ci-contre : un épisode en 2 parties qui a marqué les lecteurs et - au-delà du "traumatisme médiatique" qu'a suscité cette "une" lugubre - il permit une fois pour toutes d'établir la popularité zénithale du personnage et l'attachement des lecteurs : il furent plus d'un million à s'arracher ce numéro 443 de Pif-Gadget, en 1977, et leurs appels frénétiques et massifs firent sauter plusieurs fois la ligne téléphonique des éditions Vaillant...

    Au cours du film on le verra dessiner le personnage mais surtout, on découvrira l'étendue de l'amour que lui portent ses lecteurs, la dimension sociologique de sa naissance et de sa longévité, et quelques souvenirs des uns et des autres...


    3 exemples pour montrer que le style Chéret, c'est avant tout le dynamisme du trait et du cadrage !
    (cliquer pour agrandir)

    Jean-François Lécureux, fils du créateur de Rahan, s'est pris au jeu après le décès de son père en décembre 1999, et s'applique à prolonger la saga en promenant le personnage dans des sites donnant lieu aujourd'hui à diverses animations (musées de la Préhistoire, etc...) et permettant à Rahan de devenir au fil des ans la "mascotte" préférée des paléontologues et historiens cherchant à fédérer auprès d'un large public jeune les recherches sur la Préhistoire.

    Sur mon blog général, j'avais raconté un week-end passé aux côtés d'André Chéret, dont j'avais tiré une vidéo tournée à Montbéliard et Audincourt, entre visite du musée de la préhistoire aux côtés d'un fondu de Rahan - le conservateur ! - et d'un festival de BD dont Chéret était la vedette. 


    Cliquez sur l'affichette pour voir cette page, les illustrations et les vidéos :
    Une curiosité !
    André Chéret a démarré très jeune, à la fin des années 50, et parmi ses premières illustrations, il y avait des travaux destinés par exemple à "Radar".
    Illustration typique de l'époque, et dont Angelo Di Marco (qui devait travailler chez Pif-Gadget plus tard !) devint le spécialiste.

    Chéret illustra par la suite, pendant quelques années dans Vaillant la série "Bob Mallard", qui l'enquiquinait un peu, car trop technique (la série des exploits de 2 aviateurs est truffée de machines et de "tôles", comme le dit Chéret lui-même, qui préfère la nature, les arbres et la vie sauvage !)



    André et Chantal Chéret m'ont ouvert quelques-unes de leurs archives pour le film, et lors de ma dernière visite en novembre 2012, j'avais improvisé (avec mon appareil photo tout minuscule mais capable de faire de la vidéo de bonne qualité !) une petite conversation où André me montre des versions étrangères, un nouvel album de la magnifique collection de rééditions noir et blanc (un must !!!) et l'album "Les trésors de Rahan", où les nostalgiques pourront replonger dans les illustrations d'albums anciens, les gadgets, quelques anecdotes et des images magnifiques de l'histoire de Rahan.
    Cliquez sur l'image ci-dessous pour découvrir André Chéret chez lui, présentant quelques nouveautés... :





    EVENEMENT : ANDRE CHERET A ANGOULEME :

    Cliquer sur la photo pour voir le blog illustré du reportage autour de Rahan, aux côté d'André Chéret lors du festival :




    EN BONUS : 

    J'avais complètement oublié cette vidéo tournée lors du week-end à Montbéliard en 2010. André Chéret s'y amusait à dédicacer un album à son ami Gotlib... à sa manière. Un crime de lèse-coccinelle !!! :




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    L'un des grands bonheurs du documentariste, c'est le moment où il met la main (ou juste le doigt) sur une information, un document, une archive qui jusqu'alors avait été négligée, ou bien dont on connaissait l'existence mais que plus personne n'était capable de localiser.
    Et puis, les souvenirs sont parfois confus et on mélange allègrement les dates, les faits, les personnalités en question, etc...

    (ci-contre une annonce pour une "pendulette Pif" créée pour le journal "L'Humanité" en 1951 ! Le personnage de Pif paraissait dans l'Huma, et ne connut d'histoires dans Vaillant qu'à partir de Noël 1952)

    Heureusement, on a parfois accès aux auteurs en direct, et dans ce cas on peut découvrir des archives "de première main". Ainsi, quand Nicolaou me recevait chez lui (lui qui déteste les intrusions...) avec ma caméra, pour me commenter quelques archives personnelles... :

    (A propos de Nicolaou : un petit jeu de devinettes en fin de cette chronique ! :-))

    L'autre grand casse-tête (et dans ce domaine, en revanche, les "bonheurs" sont aussi rares qu'éphémères) concerne les droits. Droits (copyrights) liés aux oeuvres, aux documents visuels ou sonores, et l'accès aux fameux "ayant-droit" (j'ai dû vérifier l'orthographe du pluriel !).
    Dans certains cas, des problèmes de succession compliquée empêchent de pouvoir rééditer les auteurs. C'est le cas pour J-Claude Poirier, dont les planches de "Horace, cheval de l'Ouest" et "Supermatou" sont bloquées jusqu'à nouvel ordre. Et pourtant, nous sommes nombreux à regretter qu'elles ne soient pas mieux connues.

    Il faut également se souvenir qu'avant les années 80 (grosso modo), beaucoup de dessinateurs travaillant pour la presse jeunesse (en tous cas, ceux qui travaillaient pour Vaillant puis Pif-Gadget) ne récupéraient pas toujours leurs originaux, ou en tous cas pas immédiatement. 
    Or, le stockage de ces documents (aujourd'hui devenus précieux pour les collectionneurs et les historiens !) était devenu un vrai problème aux éditions Vaillant.
    Il y eut des dégâts des eaux qui détruisirent pas mal de planches, et surtout, lorsque la société qui reprit Pif-Gadget et les publications des éditions Vaillant fut liquidée au début des années 90, une véritable gabegie vit un nombre énorme de ces originaux disparaître, avant que la liquidation officielle permit à une poignée de chanceux de racheter un "trésor de guerre", dont on aperçoit encore parfois quelques specimen pointer sur eBay ou ailleurs, à des prix rédhibitoires (pour les moins fortunés, dont je fais partie !)
    La Cité de la Bande Dessinée et de l'Image (CIBDI) d'Angoulême possède un grand nombre d'originaux, le plus souvent provenant de dons des auteurs eux-mêmes. Un événement semble se préparer autour de Vaillant, dans une paire d'années.... Je croise les doigts.
    (ci-contre quelques pièces de la collection de la CIBDI, dont de magnifiques planches de "Yves le Loup", de René Bastard)

    Richard Medioni, à l'occasion de la parution des son ouvrage sur Pif-Gadget et de celui sur Hervé Cultru consacré à Vaillant, organisait de petites expos, dont voici un exemple, que j'avais capté à Angers BD en décembre 2009. On pouvait y admirer quelques planches (cliquer sur l'image pour découvrir la vidéo) :



    Un festival organisé au Mont St-Sulpice en septembre 2013 permettra sans doute d'en découvrir d'autres.

    Combien de temps faudra-t-il attendre pour que les dessinateurs ayant travaillé pour Pif-Gadget soient reconnus pour leurs qualités propres, au lieu d'être relégués avec le tout-venant de la presse illustrée, et bien entendu tenus à l'écart des grands ouvrages de référence sur la BD, au motif que leurs récits n'étaient pas édités dans de prestigieux albums ? (ça s'arrange un peu depuis quelques années, mais on est encore loin du compte)
    Loin de moi l'idée de comparer les récits de Pif et Hercule avec les aventures d'Asterix, mais il me semble que Coehlo, Marcello, Poirier, Cézard, Le Guen, Mas, Nortier, pour en citer une petite poignée, mériteraient d'être redécouverts par le grand public.
    Fort heureusement Chéret, Poïvet, Tabary, Gotlib, Godard et d'autres sont aujourd'hui reconnus (en général quand ils furent édités pas d'autres maisons !).


    _____


    TROUVAILLES D'ARCHIVES TV RECENTES
    ... ET UN PETIT JEU !

    Dans mes recherches d'archives audiovisuelles (très pauvres en ce qui concerne Vaillant et Pif, mais on s'en doutait !), je suis tombé sur cette émission d'Antenne 2 dont j'avais totalement oublié l'existence, "Un sur Cinq", où il fut question, à la rentrée 1977, de l'évolution du personnage de Pif. Etaient présents Cabrero Arnal, son géniteur, Roger Mas, son successeur (notamment pour la bande quotidienne dans l'Huma) et Michel Motti, qui le dessinait alors dans Pif-Gadget. C'est à ma connaissance la seule archive où l'ont peut voir les trois, et la seule où l'on entend (en fait très succinctement) le discret Motti. J'en utiliserai vrisemblablement un extrait dans le film...

    Petit cadeau en forme d'instantanés d'interviews pour les "vrais" fans de Pif :
    Cabrero Arnal
    Roger Mas
    Michel Motti
    ET POUR FINIR, UN PETIT JEU !!
    Nicolaou m'avait montré - devant la caméra - un document rarissime, et pour cause : il s'agissait d'un petit "test" qu'il avait réalisé en 1957, afin de convaincre la rédaction qu'il était capable de reprendre Placid et Muzo, ainsi que le souhaitait Arnal. Il avait découpé des postures des personnages, Certaines venaient d'Arnal, d'autres dessinées par lui-même. 
    La rédaction s'y était trompée...  Et vous ? Saurez-vous retrouver les versions de Nicolaou ?



    ...


    La réponse, par Nicolaou lui-même ("A" pour Arnal et "N" pour Nicolaou) :

    (ne regardez pas tout de suite !)





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    Quand on tente de réaliser un document relatant (entre autre) les existences et le travail d'auteurs du passé, et par conséquent avancés en âge, on court évidemment le risque que le temps (impitoyable) et la nature (idem) ne se mettent en travers de la route du pauvre documentaliste...

    Aujourd'hui, plus qu'un "intervenant" dans un film, c'est un ami qui est parti.
    Il s'en est allé rejoindre ses personnages, et notamment son cher Loup-Noir, dans des contrées lointaines qui ressembleraient peut-être aux vastes plaines du Dakota...
    Kline (de son vrai nom Roger Chevallier) a été un véritable artisan de la bande dessinée réaliste de l'Après-guerre et l'un des piliers des récits d'aventures du journal Vaillant puis de Pif-gadget.

    Son personnage de Loup-Noir, ce magnifique Sioux solitaire épris de justice, était devenu son frère de papier. Il en partageait beaucoup de valeurs, au fond.

    Rencontré en 2008 et interviewé début 2010, j'espérais pouvoir compléter les images tournées avec lui. (il n'était pas friand de l'exercice, en bon Breton taciturne). Son état de santé décalait indéfiniment ce moment, mais je pense surtout qu'il n'avait guère le goût de la lumière braquée sur lui. Il préférait de loin qu'on discute autour d'un déjeuner de choses plus passionnantes, en tous cas à ses yeux.
    Nos conversations, à table, tournaient plutôt autour de sujets philosophiques. Il s'était mis depuis longtemps à l'étude de la pensée bouddhique et de la physique quantique. C'est peu de dire qu'il était à mille lieues des considérations matérielles qui encombrent l'existence de ses contemporains, dans la BD ou tout autre domaine...

    Mais il était capable de s'enflammer lorsque je l’aiguillonnais sur tel ou tel aspect graphique de son travail, notamment son étonnante maitrise des contrastes profonds et ses cadrages très cinématographiques.
    Il avait commenté pour la caméra une planche de Davy Crockett (scène d'hiver dont il me décrivait le rapport au cadrage et au rythme cinématographiques) et une autre, de Loup-Noir, qu'il m'a offerte avec une petite dédicace qui me met les larmes aux yeux chaque fois que je passe devant.

    Planche de Davy Crockett. Kline explique son rapport au cinéma.
    Il m'avait également présenté son ébauche d'une série de science-fiction qui n'avait pas été retenue par Pif-gadget.

    Je percevais chez lui à la fois une certaine fierté pour le travail accompli (il fut l'un des dessinateurs réalistes les plus réguliers et consciencieux de la presse jeunesse !) et aussi une certaine amertume pour la manière dont son travail avec son personnage-fétiche avait cessé (désaffection des lecteurs, moins intéressés par les récits "western" classiques à l'heure de Goldorak et Scoubidou, manque d'intérêt des la rédaction pour son travail à la fin des années 70...). Il aurait sans doute apprécié qu'on puisse exposer ses planches (splendides !) au public ou qu'on honore son artisanat de haute qualité, mais jamais il n'aurait songé à susciter la chose.

    Il tiendra une place à part dans ce film-fleuve : comme Gerald Forton (ils s'appréciaient beaucoup mutuellement), il y sera l'un de ces magnifiques artistes solitaires et infatigables, qui font rêver les jeunes lecteurs en prenant plaisir à leur transmettre leur ration d'exotisme, d'aventure, de mouvement et - souvent avec modestie - d'exploits graphiques.

    J'ai aujourd'hui une pensée pour sa veuve, Micheline, dont il m'a dit souvent qu'elle avait été la véritable inspiration de sa vie.

    Quelques liens :

    Article rédigé avec l'aide de Giles Ratier pour BDZoom.

    Dossier Kline sur le site Pif-collection

    Le fameux n.64 de Pif-gadget avec Loup-Noir en vedette

    On pourra voir Kline quelques secondes dans la prochaine "bande-annonce" du film à venir, faisant preuve d'un certain sens de l'humour et beaucoup d'autodérision...

    **********
    Février 1969 : teasing dans Vaillant pour annoncer le passage à Pif-gadget, avec l'un de ses nouveaux héros.
    Réédition des aventures de Davy Crockett en 1978-79, en petit format.
    Planche de "Loup-Noir". Perfection des ambiances et des contrastes.
    Ebauche pour un projet de récit de science-fiction destiné à Pif, dans les années 80, mais non retenu par le journal.
    Album réalisé en région, en 1981. Ci-dessous le dessin servant à la couverture. Un magnifique classicisme qui aurait rendu jaloux l'auteur d'Alix !
     
     Joie tardive pour Kline de voir ses récits enfin en album, parallèlement à la republication de Loup-Noir dans le nouveau Pif-gadget (2004-2008) en couleurs (ci-dessus, album unique) pour Pif Editions et en noir et blanc (plusieurs albums) pour les édition du Taupinambour.

      
    Dans le livre-somme de Richard Médioni (ancien rédac' chef de Pif-gadget) consacré à Vaillant, Pif et quelques autres, une place respectable est évidemment donnée à Kline et ses bandes réalisées avec Jean Ollivier (cliquer sur le livre pour voir le clip) : 


    A la fin d'une séance d'interview, Kline avec un (ancien) jeune lecteur de ses bandes.


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    PIF, un héros... roumain !

    C'est peu de le dire : Pif a représenté beaucoup pour la jeunesse des années 60 à 80, bien au-delà de l'Hexagone.

    Je ne parle pas seulement du personnage, évidemment, mais de toute la petite cosmogonie créée par les éditions Vaillant.

    Et parmi les pays dont cette lecture a pu affecter la jeunesse de 3 générations au moins, il y a en première ligne la Roumanie.
    Bien entendu, les éditions Vaillant émanant du Parti Communiste Français, les "pays frères" du bloc communiste ont eu droit à la lecture de l'illustré homonyme plus facilement que celle de Mickey... (et n'oublions pas que le chien Pif créé par Cabrero Arnal a débuté dans les pages du journal L'Humanité ! avant de s'imposer dans celles de Vaillant !).

    Au-delà de ce contexte politique en toile de fond (une très grande partie des jeunes lecteurs de Vaillant et Pif-Gadget, en Roumanie, n'a jamais eu conscience d'une appartenance de ces revues à une quelconque mouvance politique), il y eut entre les jeunes Roumains et Pif-gadget, dès son apparition en 1969, une véritable relation fusionnelle, qui ne s'est jamais démentie et fait presque l'objet aujourd'hui d'un culte mémoriel.

    Pour s'en convaincre, il suffit d'évoquer Pif auprès d'une personnalité roumaine en âge de l'avoir lu dans sa jeunesse. Non seulement ce journal a représenté (en particulier sous le régime Caucescu) un véritable bol d'air frais, au parfum de liberté et de fantaisie, mais qui plus est, il a donné envie à un nombre incroyable de futurs lecteurs de se mettre au français, ou de le perfectionner !
    C'est précisément ce que disent les intervenants du reportage que l'on pourra visionner un peu plus bas.


    Durant l'été 2012 s'est tenue à Bucarest une exposition intitulée "Pif en Roumanie, un héros de l'âge d'or". Elle était organisée par l'Institut Français de Roumanie, sous la direction de son attaché culturel Didier Dutour et Jean-Pierre Dirick (auteur du personnage enquêteur "Tim" dans la dernière mouture de Pif-gadget jusqu'en 1994) en avait été le commissaire. (un ancien dessinateur d'enquêteur devenu, le temps d'un été, "commissaire", c'est assez cocasse...)

    Didier Dutour, attaché culturel en Roumanie, et Jean-Pierre Dirick
    Le succès de cette expo et le type de commentaires nostalgiques et souvent poignants qu'elle a suscités donnent un peu la mesure de cette relation très spéciale de la Roumanie envers ce journal.
    Et bien évidemment, il en sera question dans le film, dans une séquence assez riche dont je ne révèle rien ici... ;-)

    J'ai tourné lors du Salon du Livre en mars dernier (dont l'invité d'honneur était la Roumanie !) un petit reportage autour d'une rencontre consacrée précisément à cette expo et à l'impact de Pif dans ce pays.
    On y retrouve, hormis les 2 principaux protagonistes de l'expo, Jacques Kamb (auteur d'innombrables récits et gags dans Vaillant et Pif-gadget pendant presque 40 ans ! - voir ma chronique sur lui ici), des auteurs de BD roumains et à la fin, le témoignage de 2 personnalités présentes sur le salon, qu'on n'attend pas forcément sur ce sujet... 
    (Lors de la rencontre, il y eut un moment très émouvant - que pudiquement je n'ai pas mis dans le montage - quand la traductrice, Mariana, se mit à fondre en larmes en entendant Alex Tamba évoquer la magie indicible de son premier Pif-gadget, reçu pour Noël, car pour elle aussi cette découverte de Pif dans son enfance était restée un souvenir merveilleux et la porte d'accès à un "ailleurs" souriant et plein de promesses...)

    (cliquer sur l'image ci-dessous pour voir la vidéo : )


    (Pour plus d'infos sur le contexte et le déroulement de l'expo, voir ici le blog que lui a consacré J-Pierre Dirick : )

    Mais si je veux pouvoir illustrer de manière plus intime et détaillée ce qu'a pu représenter la lecture de Vaillant et Pif-gadget pour les jeunes Roumains, il m'est impossible de ne pas évoquer d'autres personnes (certaines apparaissant dans le futur film) pour lesquelles cette lecture de jeunesse a eu une conséquence très concrète. Si Alex Tamba (auteur de BD vu dans mon reportage) se souvient encore de son "plus beau Noël" dont le cadeau était 2 Pif-gadget avec lesquel il a pu s'endormir ; si Ileana Surducan (auteure de BD elle aussi) regrette de n'avoir pas connu à la grande époque "ce Pif dont tout le monde me parle depuis que j'ai commencé à dessiner" et si l'ancien Ministre des Affaires Etrangères roumain Adrian Cioroianu explique qu'il y a appris le français, je souhaite donner la parole à d'autres anciens lecteurs, dont les témoignages croisés apportent encore quelques précisions et le parfum du vécu :
    Il faut tout d'abord mentionner Mircea Arapu

    Ce dessinateur, peintre et auteur roumain aujourd'hui quinquagénaire a été baigné dès l'enfance dans les récits des auteurs des éditions Vaillant. A la fin des années 70, il créait le 1er fanzine de BD roumain en langue française et finit par réaliser un vieux rêve : venir en France et être accepté par la rédaction de Pif-gadget en 1982. On lui propose de reprendre le personnage d'Arthur le fantôme de l'un de ses dessinateurs préférés, Jean Cézard (décédé en 1977). Lourde tâche pour cet ancien lecteur, fan de la série et du style inimitable de son créateur, mais qui s'y emploie consciencieusement et surtout avec tout le respect qu'il voue à son Maître. Son style se perfectionne au fil des épisodes mais les années 80 ne sont malheureusement pas une période faste pour Pif-gadget, aux formules à géométrie variable et aux finances en dents de scie. Il quitte le journal en 1987. Mais il reviendra pour un tour de piste supplémentaire de 4 ans lors de la courte résurrection de Pif-gadget en 2004 et cette fois fera partie intégrante de la rédaction (et réalisera plusieurs couvertures du journal et illustrations intérieures, entre autres).

    Quelques reprises d'Arthur le Fantôme par Mircea Arapu
    J-Luc - Quel souvenir as-tu gardé de Vaillant, dans ton enfance ?

    Mircea : "Dans mes plus anciens souvenirs, Vaillant existait déjà à la maison. Ses personnages, surtout ceux en couleurs, m’ont donné pour toujours la passion du dessin et de la peinture. Les premiers Vaillant étaient des recueils des années 1951-1952, et ont été remplacés par un abonnement au magazine vers la fin des années 50 qui a continué jusqu’en 1963. Ce journal m'a donné une envie irrépressible de découvrir la France et plus tard, d'y travailler. "

    J-Luc : - Quelle importance a eu cette lecture, à ton avis, si on pense à ton futur parcours professionnel ?

    Mircea : "Tout d’abord par l’image. Aux côtés des livres de mon enfance (entre autres, l’édition originale des aventures du Baron de Munchausen, illustrée par Gustave Doré), Vaillant a été pour moi le principal moteur de ma passion pour le dessin et du choix de ma future carrière. La lecture de ma collection m’a mis en état de penser en français. Vaillant était pour nous la soupape de la France et de l’Occident."

    J-Luc : Qu'ont pu représenter, justement, Vaillant et Pif-gadget pour la jeunesse roumaine ?

    Mircea : "Pour plusieurs générations d’enfants et de jeunes, entre 1950 et 1989 pour faire court, Vaillant et Pif ont représenté la possibilité de communication et de liaison avec un monde interdit. La France découvrait l’année dernière l’importance, souvent oubliée, qu’à eu cette publication, pour la prolongation en période communiste de la francophilie historique des Roumains."

    Mircea Arapu a écrit un livre-témoignage déjà paru en Roumanie et qui devrait prochainement paraître aussi en France, dont le titre résume bien son propos : "Quand je serai grand... je ferai Pif !" 

    Nous retrouverons Mircea Arapu prochainement sans doute, et de toutes les manières, il fera partie de l'aventure de ce film - en tant qu'ancien collaborateur de Pif-Gadget, mais aussi pour son regard sur certains des auteurs et rédacteurs du journal, sans mentionner évidemment son expérience de lecteur roumain ! :-)

    Mircea a créé un blog, dans lequel cette page offre son regard (et ses photos) sur l'exposition :


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    Parmi mes rencontres liées à Pif dans le cyber-espace, il y a Lucian Ciucu.
    Réalisateur pour la Télévision Nationale Roumaine, il a insisté auprès de sa hiérarchie pour "couvrir" l'exposition sur Pif en 2012 pour la télé. Il était impensable pour lui de ne pas en conserver une trace. 
    il considère lui aussi que sa vie a été marquée de façon indélébile par sa lecture de Vaillant et Pif-gadget :

    J-Luc : ton premier souvenir de Pif ?

    Lucian : "C'est vers 9-10 ans que j'ai commencé à acheter mes premiers Vaillant, par l'intermediaire d'un bon ami de mon grand-pere (ex-camarade de prison politique), qui tenait le kiosque de journaux de la gare de Piteshti (ma ville natale). J'ai pu me procurer le seul exemplaire de Vaillant qui arrivait par train dans cette ville-la, moyennant un petit pourboire (l'exemplaire coutait 4 lei et je lui en laissais genereusement 5 !).
    C'etait presque l'événement le plus important de la semaine et l'accès au Vaillantétait vraiment très sélectif, en raison du strict contrôle idéologique de l'époque : seuls les gens bien placés au Parti pouvaient s'y abonner. Ca a été, donc, la première chance de ma vie et je ne l'ai pas ratée : en quelques mois, stimulé par la "bande a Pif", je me suis retrouvé presque magiquement à comprendre le français !"

    (Son premier souvenir marquant - à la lecture du premier Vaillant qu'il ait eu entre les mains vers 7 ans, sans comprendre les textes encore - a été une grande planche de Cézard tirée de l'histoire "Arthur contre César", où il découvrait du même coup ses premiers... Gaulois. Ensuite, avec Pif-gadget, il s'identifiera tour à tout à Teddy Ted, puis Corto Maltese.)

    J-Luc : Quel impact a pu avoir cette lecture d'enfance sur le reste de ta vie ?

    Lucian : "Vaillant - Pif a marqué pour toujours ma vie. Comme je disais, cette lecture a contribué à parfaire mon francais (stupéfiant mes profs à l'ecole !), mais aussi m'a permis plus tard de lire en francais des bouquins essentiels de philosophie ou religion, interdits ou introuvables en roumain sous le régime communiste. Et ca m'a aidé énormément, apres 1989, dans mon nouveau métier de réalisateur (notamment de films à sujets religieux, les premiers en Roumanie - pour la chaine nationale de TV.)
    Puis, Vaillant a été une exceptionnelle école de dessin. J'ai fait quelques etudes en la matière, mais en analysant et copiant allegrement les grosses pointures de Pif, j'ai compris le mouvement et la dynamique interne du dessin, envisageant le graphisme d'une maniere vivante, éloquente. Même si je ne suis jamais devenu un dessinateur professionnel, j'ai publié dans de grands journaux et revues roumaines, j'ai fait des couvertures et des illustrations pour des livres, avec un certain succès. Et la "marque Pif" dans mes creations graphiques est indéniable..."

    J-Luc : Que dirais-tu de l'influence qu'a pu avoir Pif sur les jeunes Roumains, y compris idéologiquement ?

    Lucian : "Je pense que la Roumanie a été un deuxieme pays d'adoption pour l'univers Pif, en vertu de la facilité à parler français des Roumains, qui sont des Latins (tandis que, pour les pauvres pifophiles Hongrois ou Bulgaires, le français devait être de... l'hebreu!).
    Il y a peut-etre ici aussi des influences qui tiennent de l'Histoire. Les jeunes qui ont connu et fréquenté Vaillant-Pif etaient des gens dont on pourrait considérer aujourd'hui qu'ils font partie de l'élite intellectuelle roumaine. Et ils sont tous redevables de "l'expérience Pif", qui a été une fenêtre ouverte vers la culture occidentale (qu'on supposait, à l'époque, libre et favorisant la dignité humaine). On savait que Pif provenait des milieux communistes, mais on n'a jamais pu y dénicher une quelconque propagande pernicieuse - on aurait sûrement laissé tomber si on avait decouvert des tentatives propagandistes dans cette publication. Donc, contre tous les détracteurs occidentaux de Pif, je lui confère un "certificat de propreté ideologique" !"

    Le documentaire pour la télé roumaine réalisé par Lucian, à l'occasion de l'exposition de Bucarest, qui est l'occasion pour lui de raconter l'histoire de Vaillant et Pif :
    http://www.youtube.com/watch?v=o6tCJoCmIyA

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    Enfin, il y a une personnalité incontournable : Dodo Niță.

    Reconnu aujourd'hui comme le plus grand spécialiste de la BD en Roumanie, il a organisé le Salon de la Bande Dessinée en Roumanie (avec l'aide de l'Alliance Française), qui connaîtra cette année sa 23e édition. 

    L'"interview" ci-dessous est en réalité une version remaniée de son portrait tiré du catalogue de l'exposition de Bucarest en 2012 :

    "Je me souviens encore aujourd'hui, avec le même plaisir indicible, ce jour du mois de janvier rigoureux de la première semaine de l'année 1977, quand le facteur a sonné à ma porte et m'a remis une publication sous cellophane. 
    Après avoir fermé la porte, j'ai commencé à pousser des cris tout en sautillant de joie : je tenais entre mes mains la revue "Pif-gadget". 
    Il s'agissait du numéro 402. 
    Pif-gadget 402
    Le lendemain, je demandais à mon prof de musique de nous apprendre l'ocarina... car cet instrument était le gadget de ce numéro ! 

    L'histoire avait commencé un an auparavant, quand j'avais vu pour la première fois quelques Vaillant chez mes camarades plus âgés. "

    (Dodo Nita raconte ainsi, comment démarre "son" histoire personnelle avec Pif-gadget, alors qu'il a 13 ans. )

    "Mes parents ont accepté de m'abonner à la revue, ce qui était relativement facile pour eux car ils travaillaient à la Poste. Mais son prix était était élevé : 500 lei par an. J'ai appris plus tard à quel point j'avais été un "privilégié" du régime communiste, car beaucoup d'enfants souhaitaient s'abonner mais n'y parvenaient pas. Souvent, ils devaient ajouter au prix de la revue vendue au numéro par un kiosquier un pourboire conséquent, de la main à la main."

    Influence de Pif-gadget sur la suite...

    "Lorsque j'ai eu mon premier "Pif-gadget", je n'étudiais le français que depuis 2 ans, et j'étais obligé d'avoir recours sans cesse au dictionnaire pour comprendre les dialogues des histoires. Je me souviens encore de l'histoire de Loup-Noir face au grizzly, de Docteur Justice dans une expédition en Arctique, de Horace, cheval de l'ouest... J'ai rêvé pendant une demi-journée avec ces héros et la diversité qu'offrait cette revue.
    Pif-gadget m'a permis de découvrir des écrivains français, dont on adaptait des récits en BD : Jules Verne, Robert Merle, Victor Hugo... J'y ai également puisé des valeurs qui m'ont aidé à forger mon caractère.

    J'ai conservé un intérêt pour la bande dessinée, au point de partir en France après la chute du régime Caucescu, à la rencontre de quelques créateurs de mes personnages préférés. J'ai pu ainsi interviewer Tabary, Greg, Cance, Chéret, Corteggiani, etc..."

    (Dodo Niță a écrit plusieurs ouvrages sur la bande dessinée (et récemment, avec l'aide de son ami Mircea Arapu, le premier ouvrage sur l'histoire de la bande dessinée roumaine).
    Il prépare également la publication d'un ouvrage autobiographique, dans lequel Pif-gadget tiendra une place centrale...)

    Mircea Arapu et  Dodo Nita
    *********************
    Ajoutons à ces témoignages, celui de Vladimir PACURARU, dont le grand-père reliait lui-même tous les Vaillant et qui vit et travaille aujourd'hui en France. On peut le lire dans "Mon Camarade, Vaillant, Pif-gadget : l'histoire complète 1901-1994" de Richard Médioni.
    (cliquer sur la couverture)

    Il y a également cet article du site ActuaBD, autour de la BD roumaine et l'influence de Pif (où l'on retrouve 2 personnages déjà cités...) :

    (les photos - hormis les miennes - appartiennent à leurs auteurs respectifs, que je n'ai pas su identifier pour la plupart. Qu'ils me préviennent pour que j'ajoute ici ou là un crédit sous l'image qui les concerne)


    Je rencontrerai ces anciens lecteurs, toujours passionnés par cette revue découverte dans leur enfance et qui a bouleversé le cours de leur existence. A travers eux, j'aimerais partager un peu de la flamme - candide et brûlante à la fois - qui anime tous ceux qui ont eu la chance de connaître cette "révélation"à travers une revue de papier que d'aucuns, dans son pays d'origine, traitaient souvent avec condescendance et même parfois avec mépris. 
    Comme quoi, il faut parfois savoir inverser la perspective pour mieux apprécier les choses importantes.





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  • 12/09/13--04:36: Effets d'annonce...

  • Je n'ai pas posté de nouvel article
    depuis belle-lurette (comme aurait
    dit Gai-Luron...).


    Or, j'aurais eu beaucoup à raconter ou partager, mais je souhaite que ce "journal de bord" se limite à l'évolution de la réalisation de ce projet.
    Il se passe des choses...
    Je mettrai prochainement en ligne une info qui va en intéresser beaucoup (j'espère)...
    Il y aura des surprises, des cadeaux (mais oui !) et la perspective de quelque chose de plus intéressant encore qu'un film tout seul, comme ça.

    Entre parenthèses, j'ai également créé un petit groupe Facebook que l'on peut rejoindre ici, où plein de documents s'échangent allègrement :


    Je n'en dirai pas plus aujourd'hui.
    Ce en quoi je reste vraiment dans la philosophie de communication des Editions Vaillant avec leurs jeunes lecteurs, qui ne cessaient d'annoncer pour la semaine ou même le mois suivant des nouveautés, des surprises, des changements...

    Je vous laisse d'ailleurs avec quelques échantillons... assez représentatifs, j'espère, de ce que je vais pouvoir vous proposer. ;-)

    Le changement, version Tabary.

    Bandeau de Gotlib

    Annonce de changement par Kamb.


    Grand chambardement, dessiné par Cézard, dans son style inimitable
    de foisonnement de détails et de personnages...



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    Mandryka est un original.
    Dans tous les sens du terme, mais surtout en ce qu'il ne fait rien comme les autres et se place décidément comme pataphysicien de l'image et du récit !

    Et aujourd'hui, pour participer et contribuer à sa manière au projet participatif autour du film et du DVD-livre, qui resteront pour le patrimoine de la BD et de la culture populaire liée à nos enfances, il a décidé d'offrir un "original" aussi : un grand dessin, magnifique, représentant son fameux Concombre Masqué, dans toute sa splendeur potagère !
    Il semble labourer le jardin (zen) de nos imaginaires...

    Ce dessin à l'encre de chine et lavis, dimensions 21 x 29,7 cm, a été réalisé sur papier aquarelle 300 g Daler-Rowney grain fin :



    Mise à prix de départ : 200,00 €

    Enchère en cours : 350,00 (Thidep)

    Enchérisseurs précédents :
    David Fabre - 325,00
    Zortor - 300,00
    Professeur Benson - 275,00
    Helder - 250,00
    Dostoïevski - 225,00

    Fin des enchères : 9 août à 12h !



    BRAVO A THIERRY DEPEYROT (Paris XIIIe)
    QUI EST DEVENU L'HEUREUX ACQUEREUR DE
    CETTE (désormais !) PIECE DE COLLECTION !



    Mandryka étant attendu fin novembre à Paris pour un salon de BD, vous pourrez alors lui demander de personnaliser sa dédicace… et nous vous prendrons en photo ensemble pour immortaliser l'événement ! :-)

    Cette vente aux enchères durera 30 jours et se terminera en même temps que la campagne "http://www.touscoprod.com/fr/pif-film"pour le financement du projet !


    (cliquez sur l'image pour accéder directement à la campagne "Touscoprod" du projet)




    Vous pouvez aussi rejoindre la page facebook du projet ici : http://www.facebook.com/pif.film

    Visitez le site extraordinaire de Mandryka ! :



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  • 09/26/14--10:15: Enchères Forton !

  • Mise en vente de 2 planches originales de Gerald Forton pour Pif-gadget !
    Ces 2 planches seront dédicacées par Gerald Forton lui-même à leurs nouveaux propriétaires !

    Jusqu'à mardi 7 octobre, à 20h (heure locale)



    Gerald Forton, dessinateur de Teddy Ted de 1963 (dans "Vaillant le journal de Pif") jusqu'à 1975 dans Pif-gadget, puis de la version BD de la série "Les Mystères de l'Ouest" pour le même journal, a également été publié dans la plupart des titres de la presse jeunesse (Spirou, Tintin, etc…). Il a notamment dessiné des aventures de Bob Morane, des histoires de l'Oncle Paul, Spiderman (pour "Télé Junior"), etc…
    Mais sa grande passion a toujours été le western, avec un goût prononcé et un réel talent pour dessiner les chevaux (il en élève depuis près d'un demi-siècle !)

    Vivant depuis 30 ans en Californie, il n'en oublie pas pour autant la France, mais ses visites sur le "vieux continent" se font rares. Le rencontrer pour lui faire dédicacer des planches originales de ses oeuvres est par conséquent une occasion exceptionnelle !


    La planche originale de "Teddy Ted"  (en 2 parties, grand format en 2 x 35x52 !) provient du Pif-gadget 171 (mai 1972) et c'est la planche de fin du récit "Comme un reflet dans un miroir".
    Intérêt de cette planche : en 1972, Pif-gadget est au sommet et c'est l'une des dernières planches que Gerald Forton réalisera en grand format 4 bandes. De plus, détail qui intéresse les collectionneurs : le personnage de Teddy Ted est présent dans TOUTES les cases de cette planche !
    Note : l'image représente le montage de 2 photos de qualité assez moyenne. Je peux fournir d'autres photos sur demande)

    La planche des "Mystères de l'Ouest" (32X48) est la 2e de l'histoire "La lueur jaune" du Pif gadget 335 (juillet 1975).
    Intérêt de cette planche : un magnifique cheval noir à crinière blanche en première case : du jamais vu chez Forton ! Et aussi un portrait de James West (Robert Conrad) très ressemblant en case centrale.



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    ENCHERES :

    Bravo aux 2 acheteurs, "Astuce" et "Nasdine Hodja" ! ;-)



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  • 10/30/14--15:07: Rencontres pifesques...

  • Dans un projet dit "participatif", l'aspect d'interaction avec les contributeurs est important. Plus encore : il fait partie du concept !

    Et lorsqu'il s'agit de se rencontrer autour d'une madeleine proustienne et de lectures d'enfance, qui ont pu avoir quelque importance (partagée par plusieurs générations), les rencontres et les échanges prennent une autre dimension.

    Hop, hop, improvisation de mini-raout autour de ce projet, et de ces lectures, dans un café parisien, à la Bastille (tout un symbole !) 
    Quelques "anciens" de Pif seront de passages…



    Notamment Jacques Kamb, qui évoquera peut-être pour ceux qui passeront les raisons qui l'ont poussé à reprendre du service le temps d'un ultime "Dicentim Poche" ! ;-)
    (publication (tirage limité !) prévue fin novembre !)





    Nous aurons également le plaisir de retrouver Richard Médioni, qui fut rédacteur en chef de Pif-gadget, et qui a écrit une somme sur l'histoire de ce journal et de ses précédesseurs. 
    Dédicaces en perspective…





    Bientôt plein d'autres
    news… illustrées !




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    On l'avait évoqué…

    Et puis c'est progressivement devenu un projet…


    Et le projet est devenu réalité.



    Jacques KAMB est l'auteur de "COUIK, l'oiseau préhisto" et "DICENTIM le petit Franc", mais aussi, au cours de ses 60 ans de carrière, d'innombrables pages de dessins humoristiques, 
    de gags, d'illustrations, etc…

    En 1980 sortait pour la dernière fois un numéro de "Dicentim poche", héritier des petits formats initiés par les éditions Vaillant en 1962. Il proposait des récits, gags et jeux mettant en scène le petit personnage de Dicentim, devenu très populaire auprès des lecteurs de Pif-gadget.

    Il se trouve que Jacques Kamb est devenu un ami et qu'il est l'un des intervenants principaux du vaste projet (une saga !) autour de l'histoire de Vaillant et Pif (nous en reparlerons d'ailleurs dans les pages suivantes).
    Il souhaitait, au printemps dernier, ressortir des récits ayant servi pour ses "poches" sous la forme d'un album.
    En même temps, il tenait absolument à contribuer à sa manière au projet documentaire.
    Je l'ai convaincu à l'époque de partir du principe d'éditer ça dans le format "poche" d'origine, qui correspond à une vraie attente (à mon avis) de la part de ses anciens lecteurs.

    Après réflexion, il a décidé d'aller bien au-delà, en créant spécialement pour ce recueil unique un grand récit complet très surprenant, des pages gags inédites, et plusieurs très jolies surprises qui feront le bonheur des lecteurs.

    Et aujourd'hui, le résultat de tout cela, c'est tout simplement un magnifique "nouveau" DICENTIM POCHE, unique et en tirage limité !



    176 pages noir et blanc reprenant le format rectangulaire des derniers "poches" (format 11x15, soit à peine quelques millimètres plus haut), sous couverture couleurs. 4 récits complets, des pages de gags, des jeux, des articles sur Kamb et les poches, des dessins d'actu, des parodies.. et plusieurs surprises aussi !!


    (toutes les infos au bas de cette page)
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    EN EXCLU, ci-dessous, un
    petit aperçu du contenu ! :
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    Quelques pages "classiques" : un récit complet inédit, une page de jeux, un article...


    3 exemples de pages "inédites" pour un poche : gag mettant en scène des souscripteurs, fausse couverture de presse "pipeule"à la mode Dicentim, illustration pour une interview de Kamb...

    Il y en a pour tous les goûts et aussi pour toutes les générations !
    En prime, plusieurs pages pour en savoir plus et participer (pour ceux qui n'ont pu le faire encore) au financement du projet ! 
    CI-DESSOUS : KAMB DANS LA PERPLEXITE DEVANT L'AGENCEMENT DE CERTAINES PAGES…  (cliquer sur l'image pour l'agrandir) :




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    Infos pratiques :


    SORTIE OFFICIELLE : 2 décembre 2014

    Tirage limité.

    Format 11x15 - 176 pages NB sous couverture couleurs.

    Prix de vente : 9,90 €  (en réalité 10 €, mais on rend la monnaie à notre manière : Dicentim !)

    Frais d'envoi (FRANCE uniquement) : 1,60 €
    (pour les autres destinations, se renseigner au préalable ! Un conseil : regroupez la commande si vous souhaitez en offrir ou êtes plusieurs à vouloir l'acheter dans le même secteur… !)

    On peut le précommander déjà en écrivant à pif-film@orange.fr  
    (Précisez NOM Prénom et adresse postale.)

    On le trouvera dès sa sortie sur amazoniebd.com (libraire partenaire officiel)

    Jacques KAMB (avec J-Luc Muller) sera en dédicace au SALON DE LA BD DE COLLECTION les 29 et 30 novembre (voir affiche ci-dessous), puis le samedi 6 décembre à la librairie Amazonie BD. D'autres dédicaces sont prévues - les infos en temps réel ici !









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  • 02/12/15--07:06: Adieu, Jacques KAMB..

  • J'ai mis du temps à réaliser que Jacques KAMB ne verrait jamais le projet terminé, lui qui s'est tant investi dans cette vaste entreprise, pour laquelle il a donné plusieurs entretiens filmés et souhaité que son ultime "Dicentim Poche" en soit le compagnon jusqu'à la sortie du film terminé…

    Il m'a fallu du temps aussi pour mettre des mots sur ce blog afin d'accompagner mon camarade Jacques et lui rendre un petit hommage. C'est un moment très dur...

    Le film lui sera dédié.

    Il suffit de revoir certains articles de ce blog pour se rendre compte à quel point Jacques KAMB en est indissociable depuis le début :

    Il y a 2 ans 1/2, quasiment au départ de ce blog pour accompagner le projet, un grand coup de chapeau déjà :
    http://vaillant-film.blogspot.fr/2012/08/3-tournages-et-retournages-avec-kamb.html


    Et évidemment, le "DICENTIM POCHE", dont l'idée avait germé il y a longtemps, mais dont le projet fut décidé presque parallèlement au départ du crowdfunding pour soutenir le financement du film. Jacques avait envie de réunir quelques récits de ses "poches" et je lui ai suggéré de tout simplement en réaliser un "vrai". Cela faisait un moment que je songeais à lui proposer d'éditer un "Dicentim Poche" mais sans trop savoir comment nous nous y prendrions  D'abord réticent, il s'est laissé convaincre, à condition que je puisse lui fournir quelques gags, des pages de rédactionnel (après avoir trouvé un imprimeur digne de ce nom) et surtout qu'on y parle du projet. De mon côté, j'insistais pour qu'on y parle de.. lui.
    En septembre dernier, il me faisait le plus beau cadeau possible : il avait réalisé durant l'été un récit complet inédit de 24 planches, dont le thème était le cinéma et la rencontre fantasmée des principaux personnages comiques de Pif-gadget,  le récit étant rempli d'allusions au film en cours…
    Ce sera son ultime récit.



    Ci-dessous, un texte que j'avais rédigé à l'intention d'un journal BD, mais dont on m'a dit qu'il ne pourrait pas être publié (trop long, trop tard…). :

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    Jacques KAMB était un ami, un véritable compagnon de route pour moi, mais aussi pour tous ceux qui ont eu la chance de le côtoyer.
    Il est l'archétype de l'artisan de l'illustration de presse et de la BD comique destinée à la jeunesse.
    Il faut savoir qu'il a débuté très jeune, dans les pages de l'Humanité Dimanche dès décembre 1950, alors qu'il n'avait que 17 ans.
    Influencé par le trait de Jean Effel, il trouvera rapidement le sien, toujours à la recherche de la simplicité et d'une élégante efficacité.

    Comme la plupart des lecteurs de ma génération, je l'ai découvert dans Pif-gadget, d'abord par l'intermédiaire de son personnage de COUIK, l'oiseau bleu préhistorique, à la philosophie humaniste teintée de beaucoup d'ironie.
    Et puis évidemment, DICENTIM le petit Franc, qui a faire rire plusieurs générations de lecteurs et a permis à KAMB d'être enfin (re)connu pour un personnage véritablement emblématique de ce journal.
    En l'interviewant à plusieurs reprises, dans un premier temps pour lui rendre hommage à l'occasion de la sortie d'un album, quelques mois avant ses 75 ans et les 35 ans de Dicentim, je découvrais un artiste dont les personnages dessinés pour Pif-gadget n'étaient que la partie immergée de l'iceberg.
    Ses illustrations de presse (dans L'Humanité DImanche, puis La Vie Ouvrière) ont accompagné avec vivacité les "trente glorieuses", manifestant ses convictions profondes (quoique souvent désabusées), tandis que ses illustrations pour le journal Vaillant offraient une palette complète et impressionnante de sa production : jeux, illustrations pour la rédaction, gags en tous genres, et en 1965 la création avec Jean Sanitas de "Zor et Mlouf", série loufoque de SF, très en avance sur son temps.
    On oublie souvent, d'ailleurs, qu'il fut aussi scénariste, et pas des moindres, puisqu'il écrivait des récits pour Cézard, Nortier, et aussi Yves Roy (Hidalgo) pour lequel il créa le personnage de TEDDY TED, plus tard repris et transformé par Roger Lécureux et Gerald Forton !

    De son trait, on notera un souci constant de l'efficacité, de la lisibilité, de l'inventivité mais également une vraie poésie, qui lui était propre.

    Homme à l'humour ravageur, très porté sur les joutes verbales et calembours (les lecteurs de Dicentim s'en souviennent…), Jacques KAMB était aussi une personnalité extrêmement pudique, qui mit très longtemps à évoquer son enfance. On sait peu qu'il a échappé miraculeusement aux rafles sous l'Occupation (De son vrai nom KAMBOUCHNER, Jacques était juif), qui malheureusement avaient emporté son père et son frère dans les camps de la mort. A sa manière, modeste et touchante, il en avait composé un récit pour la jeunesse, qui détourne les aspects tragiques de son histoire pour rendre sensible cette période auprès d'un jeune public, à travers un petit livre illustré : "Le petit clown à l'étoile". (Eds LHarmattan)
    Jacques KAMB aura accompagné fidèlement toute l'aventure de Pif-gadget, du premier numéro (qui vit également la naissance de son oiseau COUIK) jusqu'à la toute dernière ressortie en date, entre 2004 et 2008.
    Depuis, il se consacrait à la réédition de ses récits par des albums que ses fidèles lecteurs se réjouissaient de retrouver, notamment sur les salons BD où Jacques ne lésinait pas sur les dédicaces, toujours personnalisées et accompagnées d'un bon mot.

    J'ai eu l'immense joie d'éditer avec lui un "ultime" recueil "DICENTIM POCHE", 34 ans après le précédent (daté de 1980) et j'ai pu le voir à l'oeuvre, avec un enthousiasme toujours présent malgré ses ennuis de santé, inventer, composer, réagir à ce que je lui proposais. Et généralement proposer des idées bien meilleures ou plus pertinentes, évidemment.
    Il n'avait accepté l'idée de ce "poche" qu'à condition qu'il puisse accompagner le projet documentaire que je consacre à l'histoire de Vaillant et Pif-gadget, qu'il soutenait depuis le début et dont il est l'un des grands intervenants.
    De mon côté, je souhaitais profiter de cette publication pour qu'on évoque ses albums, qu'un autre public fasse mieux connaissance avec cet auteur précieux. Sa modestie était aux antipodes du narcissisme de beaucoup de ses contemporains, et il m'avait fallu un peu lui "forcer la main" pour intégrer dans ces pages une interview de lui ou une illustrations reprenant ses séries d'albums.
    Ses fidèles lecteurs, auxquels semblaient se joindre un nouveau public, lui ont fait un chaleureux accueil lors de la sortie du recueil en novembre dernier et je sais que Jacques en était extrêmement touché et fier. Il se faisait d'ailleurs un point d'honneur de dédicacer chaque exemplaire et se souciait constamment de n'oublier personne.
    Je conserve de Jacques le souvenir de rires et moments de complicité pendant la réalisation de ce recueil, mais également lors des salons BD au fil des ans (particulièrement en compagnie de Richard Médioni et Françoise Bosquet, pour lesquels il a illustré brillamment les ouvrages consacrés à l'histoire des éditions Vaillant, de Pif, etc,-  notamment "L'Histoire complète" - le grand dessin de couverture représente la rédaction et les auteurs de Vaillant et Pif-gadget croqués magnifiquement par KAMB..) ou simplement lors de déjeuners, où les calembours accompagnaient toujours plats et dessert. 

    Je pense aujourd'hui avec tendresse à son épouse Germaine, qui fut toujours à ses côtés et a suivi l'aventure Vaillant et Pif-gadget elle aussi, en coulisses. Nous nous reverrons souvent, je pense. Une pensée aussi pour ses enfants Marianne et Rémi, très solidaires du travail de leur papa. 

    C'était un ami précieux et fidèle, et il me faut ajouter ici que Jacques Kamb était un auteur et un illustrateur très mésestimé, que l'on redécouvrira de plus en plus, et qui apparaîtra trop tardivement comme un artisan absolument essentiel de l'illustration et de la presse jeunesse en France.

    Jean-Luc Muller  -  11 fev 2015

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    Montage-hommage de séquences tournées au fil des ans avec Jacques, destiné à la cérémonie de ses obsèques pour laisser de lui une image souriante… :

    Le petit film complet (26 mn) réalisé avec des bouts de ficelle, à l'occasion d'une soirée-hommage à Jacques en 2007, est en ligne ici :

    Jacques m'en voudrait de ne pas une fois encore reparler du projet, auquel il tenait tant. Alors voici le lien vers la page précédente, destinée à encourager les souscriptions :




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    Ci-desssous, des images de Jacques et un minuscule aperçu de son immense
    production dans différents registres, et de son talent inimitable :

    Dessin pour accompagner l'annonce d'une soirée musicale en l'honneur de Kamb (2007)
    Illustration par KAMB de cet ouvrage de référence de Richard Medioni,
    où la plupart des grands auteurs ou rédacteurs de Vaillant et Pif-gadget sont croqués
    Dernière séance de dédicaces avec Jacques à Paris, le 6 décembre 2014.
    2 grands gagmen : KAMB et MORDILLO (en 1973)
    Séance d'interview pour le film, en 2012
    Dans les années 50-60, KAMB se faisait une spécialité des pages de jeux très fournies...
    Jacques préparant avec moi le sommaire du "Dicentim Poche", en octobre 2014 

    Consécration : le personnage de COUIK est en couverture et… en gadget. (1971)
    Une belle page du récit complet "Bougre de film", destinée au Dicentim Poche...

    Jacques KAMB, dessinateur de presse...

    Annonce pour les aventures loufoques de ZOR et MLOUF
    dans "Vaillant le journal de PIf" (1966) 
    Le style de KAMB se prêtait merveilleusement aux annonces de ce genre, dans "Vaillant".
    Une image de Jacques en interview, en 2011...
    Jacques, tel que je me le remémorerai : à sa table de travail, heureux
    d'exercer son métier d'artisan de la MD...

    Documents © Editions Vaillant et © Jean-Luc Muller  sauf dessin de presse © La Vie Ouvrière et "L'Histoire complète"© Vaillant Collector


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  • 06/22/15--17:10: Souscriptions-pif
  • SOUSCRIPTIONS FINALES AU PROJET
    "PIF-GADGET - VAILLANT le film"


    Les lectures illustrées pour la jeunesse, issues de "Vaillant", qui deviendra en 1969 "Pif-gadget", ont une histoire extraordinaire.
    Cette histoire a accompagné un demi-siècle de la vie des enfants et révélé un nombre incroyable d'auteurs, créé des personnages et quelques mythes, suscité des engouements…

    Depuis quelques années, la plupart de ceux qui ont participé à cette aventure (et qui pouvaient témoigner), se sont prêtés à une série d'entretiens filmés, tandis que les archives accumulées ont permis de reconstituer visuellement toute l'histoire.
    La vie des lecteurs de plusieurs décennies, leurs loisirs et leurs passions, l'évolution de ce que la société leur destinait, mais également le contexte sociologique et politique qui a permis la naissance puis les transformations d'un journal exceptionnel…. tout cela sera également raconté dans 2 grands films documentaires fourmillant d'anecdotes, de témoignages exclusifs et inédits, d'archives historiques et de récits humains.


    Pas seulement la nostalgie de "camarades" (d'école ou de parti !), mais une véritable exploration chronologique de ce qui fait AUSSI la culture populaire, particulièrement lorsqu'elle s'adresse aux enfants.

    Revivre notamment les "trente glorieuses"à travers ces lectures des enfants des années 40 à 90, et au-delà, c'est revivre toutes nos enfances... et celles de nos parents.




    L'été dernier, une souscription via le site "Touscoprod" avait permis de financer les tournages d'entretiens et des reconstitutions avec des enfants (ceux des anciens lecteurs, souvent…), et nous préparions pour eux un coffret DVD exclusif…
    Le projet a pris du retard (notamment en raison de contingences inattendues, côté diffuseurs TV !) mais se poursuit et se développe
    Les films devraient être prêts pour la fin de l'année (avec près d'un an de retard sur le planning prévu... mais l'attente vaudra la peine) et un coffret DVD en sera tiré, à destination des souscripteurs... et pour eux, il sera accompagné d'un livret illustré à la mode Pif-gadget !.

    Les souscripteurs reçoivent désormais régulièrement des clips, séquences et sujets inédits nourris en archives, en exclusivité. Ces rendez-vous leur rappellent des souvenirs…

    Cela vous amuserait-il de tout savoir sur la création du journal que vous lisiez, enfant ? 
    D'entendre les auteurs dont vous suiviez les personnages raconter des anecdotes sur l'envers du décor ?
    De tout découvrir de quelques gadgets qui ont durablement marqué les esprits ? 
    De retrouver l'ambiance de différentes époques, telles qu'elles étaient retraduites dans le journal ?

    Vous pourrez participer et recevoir chez vous les liens exclusifs pour découvrir, chapitre par chapitre, toute cette aventure de la BD, et par la suite recevoir chez vous le coffret DVD bourré à craquer d'images, avec son livret-collector pifesque !


    Publicité de 1970 pour le premier "gadget vivant" de l'histoire du journal !
    ___________________________________

    En aidant à poursuivre et conclure cet immense projet indépendant, vous contribuez à la constitution d'un véritable objet de patrimoine !

    ____________________________________

    Février 1969 :
    La presse familiale publie un encart publicitaire pour annoncer la création d'un nouveau journal, qui est en réalité la continuation modernisée du journal "Vaillant".
    Ce nouveau titre s'intitulera "Pif et son gadget surprise". Le début d'une nouvelle aventure de la presse jeunesse...

    Ci-dessous : à l'occasion des 70 ans de la création de "Vaillant", les souscripteurs ont reçu une séquence du projet relatant cette naissance…




    BANDES-ANNONCES :

    Revoici les 2 "bandes-annonces" en forme de teasing, pour le projet. La première a déjà 1 an 1/2, montée au moment où le projet se retrouvait immobilisé pour quelques mois, pour des raisons de santé (la mienne et aussi celle de 2 des intervenants ! Coincidence !)
    LA 2e était complémentaire, et réalisée à l'occasion du démarrage du "crowdfunding" l'an dernier :

    A présent, la phase longue du montage a commencé, suivie du mixage, mais avant cela il y aura toute une phase de réalisations graphiques et animations… et la création de la musique originale.
    Tout au long du processus de fabrication, les souscripteurs recevront des séquences, des archives, des clips exclusifs, pour en apprendre un peu plus sur Vaillant et Pif-gadget, et faire partie de l'aventure.


    Le film raconte l'histoire du journal, ses créateurs, son contexte historique...
    ...mais aussi la vie de ses jeunes lecteurs, sur plusieurs générations...
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    POUR SOUSCRIRE :

    C'est facile !

    1. Vous pouvez décider de simplement vous abonner au bulletin illustré et recevoir régulièrement par mailing les liens pour visionner en exclusivité des séquences du film en cours de réalisation ou des clips "bonus", et découvrir des nouvelles du projet, avoir accès à des images inédites...

    2. Vous pouvez souscrire au coffret DVD contenant les 2 films + des bonus, en édition limitée réservée à cette opération, et recevoir vous aussi la newsletter qui en dévoile au fur et à mesure des images. Le DVD sera créé en fin de projet, avec un livret illustré, après la réalisation des films.

    3. Ou bien vous pouvez décider de soutenir encore plus vigoureusement le projet en allant au-delà - et en recevant d'ailleurs un petit cadeau de remerciements Pif-Vaillant" supplémentaire !

    _____________________________

    (téléchargez le formulaire ou envoyez simplement par mail les réponses aux questions : )



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    : On peut faire un don directement via Paypal (lisez d'abord les options du formulaire ci-dessus !!!!) en cliquant sur le bouton ci-dessous:

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    Notre ami Jacques KAMB, qui fut un dessinateur de presse renommé, avant de devenir l'auteur de BD qui aura travaillé le plus longtemps pour le journal (de 1951 jusqu'à la fin !) nous a quittés le 6 février.Il avait soutenu ce projet depuis le début et avait même décidé de sortir de sa retraite pour publier, en accompagnement de cette réalisation, un ultime "Dicentim poche" qui renouait avec ce personnage très aimé des lecteurs.
    Le projet lui est désormais dédié.


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  • 11/23/15--05:29: Une curiosité !


  • Depuis qu'à débuté la réalisation effective de ce projet (et son montage-marathon en forme de points de suspensions intermittents...) il y a eu des surprises, des trouvailles, des rencontres (quelques disparitions aussi..) et des tonnes d'images accumulées, documents divers et variés.
    Aujourd'hui, je dévoile pour vous les dessous d'une véritable petite curiosité quasiment... "archéologique"... :-)

    Depuis quelques mois, grâce à Ciné-archives, nous avons pu localiser des films anciens, images du passé permettant d'illustrer certaines périodes de l'histoire de Vaillant ou Pif-gadget.

    Un court-métrage en dessin animé reposait depuis quelques mois dans des archives, sauvegardé sur pellicule 16mm. : "Pif le chien", avec sur la bobine la mention d'une année : 1964, et le nom d'un réalisateur, Jean Herman.


    Je vais vous en dire plus - et en fin de page vous avez le lien pour visionner gratuitement ce dessin animé, sur le site ciné-archives. Mais je vous suggère de lire ceci auparavant ; vous comprendrez pourquoi.
    On ne connait pas très bien le contexte de sa réalisation ni de sa diffusion, mais voici les principaux éléments d’information à son sujet, illustrés par quelques photogrammes du court-métrage :

     Le dessin animé a été réalisé par Jean Herman (qui est le vrai nom de l’auteur et réalisateur Jean Vautrin, disparu le 16 juin dernier) à partir de dessins de référence de Roger Mas.
    Jean Vautrin est évidemment plus associé au cinéma (il a réalisé plusieurs longs-métrages, dont 2 avec Alain Delon) et à l'écriture (une douzaine de scénarios de grands films au cinéma, encore plus de romans marquants), mais pas spécialement au monde du dessin animé ou à celui des illustrés pour enfants. Dans une courte interview que m'a accordée sa veuve, la comédienne Anne Doat, on découvre que sa présence ici n'est pas tout-à-fait un hasard...

    Photo John Foley / Eds Fayard
    Ce dessin animé a été réalisé à partir de dessins de Roger Mas.
    En le visionnant, cependant, il est bien difficile de déterminer si l'équipe de conception s'est simplement basée sur des dessins tirés de "Vaillant" ou du journal "Pif le chien" ou si Roger Mas a effectivement créé des dessins originaux servant de points-clés d'animation. En effet, son style n'est pas très reconnaissable et - soyons honnêtes ! - le rendu des personnages est très médiocre !
    C'est l'époque où Mas reprenait le personnage de Pif dans les gags paraissant dans le journal L'Humanité (prenant la suite de son créateur Cabrero Arnal, qui avait démarré la série en mars 1948 dans l'Huma et à partir de décembre 1952 dans Vaillant)

    Autre curiosité :
    On notera avec amusement que les voix sont créées par Jacques Bodoin, comédien connu alors pour ses registres comiques (on lui doit notamment une fameuse « table de multiplication » qui faisait beaucoup rire dans les années 60 et de nombreuses apparitions dans des seconds rôles au cinéma (on l'aperçoit même dans "Deux heures moins le quart avant J-C"...) ou dans des émissions de divertissement à la télévision. Il fut également le mari de Micheline Dax, elle aussi grande spécialiste des voix de personnages au cinéma ou la télévision (Piggy la cochonne, c'était elle !)
    Pour une raison assez arbitraire, on a décidé de donner à Pif et tous les autres personnages un accent… berrichon ! Il semble que ce fut à la mode à l’époque, car les plus de 45 ans se souviennent peut-être que c’était également l’accent de « Zébulon » dans « Le Manège Enchanté » (dont Jacques Bodoin faisait la voix de Pollux... avec l'accent anglais !)… ou celui des Dupont et Dupond dans les dessins animés tirés des aventures de Tintin !

    La société de production pour ce court-métrage était également assez connue à l'époque. Elle avait déjà produit 3 ans plus tôt un documentaire de Jean Herman sur la jeunesse délinquante, "Le chemin de la mauvaise route".
    Elle coproduira par ailleurs quelques films marquants au cinéma, tels que "La guerre est finie" d'Alain Resnais ou "Un taxi mauve" d'Yves Boisset... ainsi qu'un certain nombre de "nanards"....

    On découvre au début du film un montage de quelques couvertures ou cases du journal « Pif le chien », qui paraissait parallèlement au journal Vaillant et reprenait les strips de « Pif le chien » d’Arnal puis Mas, déjà parus dans le quotidien « L’Humanité ». Les vrais spécialistes reconnaîtront notamment des emprunts aux couvertures des numéros 73 et 81, parus la même année (1964) :



    Ensuite, il s’agit d’un enchaînement de petites situations et « gags », dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas vraiment contribué à l’essor du dessin animé français ! Débuts de situations, comique très infantile, vague esprit de comique troupier sans queue ni tête… Cela ressemble plus à une ébauche pour tester des situations d'animations, qu'un vrai petit film. Et manifestement le public visé était les moins de 8 ans.

    Cela dit, n'oublions pas que pour les jeunes enfants de 1964, qui n'avaient pas nécessairement accès à la télévision à la maison, le simple fait de voir s'animer des personnages familiers issus de la presse était en soit un événement !
    Tout porte à croire que cet OVNI animé fut créé pour des projections destinées au public d’enfants lors de manifestations comme le Salon de l’Enfance, la Fête des Gamins de Montreuil, peut-être aussi en marge de la Fête de l'Huma, ou autres séances enfantines (avant-programme, etc…). Il faut donc se replacer dans ce contexte et cet état d’esprit pour apprécier cette récréation à sa juste mesure… et la regarder jusqu’au bout. :-)

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    © BestImage - 1979
    Nous avons pu demander à Anne Doat Vautrin si elle savait pourquoi son mari s’était retrouvé en charge de cette réalisation très … pittoresque :

    « Jean était un très grand amateur de journaux illustrés et de toutes les formes graphiques populaires. Il avait d’ailleurs été abonné au journal « Vaillant », dont il avait conservé un souvenir formidable. 
    Par la suite, il avait partagé ce goût pour les illustrés avec nos enfants, auxquels il achetait « Pif-gadget ». Je me souviens que c’était souvent lui qui le lisait le premier, d’ailleurs, ou qui en essayait le gadget !
    Il y a d'ailleurs une photo assez connue où on le voit avec des jouets et divers gadgets, dont il raffolait (voir photo ci-dessus, datant de 1979)
    A l'époque de ce dessin animé (1964), dont j'avais oublié l'existence, il avait déjà réalisé des courts-métrages et des documentaires.
    Concernant son affiliation idéologique, bien que n'ayant jamais été « encarté » il était très proche de l’équipe du journal « L’Humanité » dont il partageait un certain nombre d'dées, et il a pu sembler logique de lui confier ce petit travail, qui a sans doute dû beaucoup l’amuser. »


    Merci infiniment à Anne Doat Vautrin pour sa gentillesse.
    Elle a accepté que je puisse éventuellement utiliser des images de ce dessin animé dans le documentaire.
    Merci également à Maxime Grember de Ciné-archives et à mon ami Baru (qui eut la chance d'adapter en BD le roman "Canicule" de Jean Vautrin, et grâce à qui j'ai pu contacter son épouse)

    Jean-Luc Muller


    Et enfin, le lien pour aller visionner cette curiosité... avec les yeux d'un enfant, plein d'indulgence :

    _________________

    Et toujours, pour contribuer au vaste projet de documentaire sur l'histoire et les auteurs de Vaillant et Pif-gadget :


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  • 02/23/16--11:50: Jean Solé, pifomane

  • Jean Solé est un artiste du dessin, c'est peu de le dire !
    On connait ses géniales illustrations pop et rock, son travail pour Métal Hurlant ou Fluide Glacial... sa reprise de Superdupont...

    http://mandrake-de-paris.blogspot.fr/2012/05/jean-sole-illustrateur-pop.html
    Un grand article très illustré lui a déjà été consacré sur cette page, à l'occasion d'une expo à Paris en 2012 !. 



    Mais on mentionne assez rarement son passage chez... Pif-gadget !
    Or, cette partie de sa carrière d'illustrateur n'a pas été anodine, puisque (parallèlement à ses autres travaux) il a réalisé pour ce journal de TRES nombreuses illustrations de couvertures et autres rubriques autour du gadget, des jeux, posters, etc...

    Le grand poster proposé en 4 partie dans des numéros successifs de Pif-gadget en 1985.
    Jean Solé présente la grande illustration publiée dans le numéro spécial sorti pour le Bicentenaire de la Révolution en 1989 (image de l'entretien exclusif à l'intention des souscripteurs du projet "Vaillant-Pif" !)
    Cette collaboration avec Pif-gadget découlait d'une histoire personnelle avec Vaillant, et d'un concours de circonstances. Son ami Jacques Lob, avec lequel il réalisait notamment Superdupont, se trouvait au milieu des années 1980 dans une situation de santé critique et en incapacité de travailler. (Il mourra en 1990).
    Jean Solé était déjà en relation amicale avec la rédaction de Pif-gadget, par Sasha Kleinberg (directeur artistique) et Claude Bardavid (futur rédacteur en chef,) il avait eu l'occasion d'y faire quelques illustrations dès 1982). Il accepta de créer pour le journal des illustrations pour la rubrique "gadget", puis se retrouva illustrateur attitré pour les couvertures !

    Le premier grand dessin de Solé pour présenter un gadget dans Pif-gadget, en 1982.
    Peu de ses admirateurs savent qu'il fut sans doute le recordman du nombre de couvertures réalisées pour Pif-gadget ! Il y adaptait le style rond et dynamique d'Arnal (et ses successeurs) pour dessiner le personnage de Pif, mais surtout il ajoutait sa touche loufoque et personnelle à nombre des couvertures de la fin des années 80 (période que les "puristes" parmi les lecteurs de Pif n'apprécient pas particulièrement, mais qui connut quelques moments forts).
    3 couvertures réalisées par Solé pour Pif. Il s'amusait beaucoup à reprendre le personnage...
    ...et parfois ceux des autres !
    Il a ainsi accompagné la fin de l'aventure éditoriale "Pif-gadget" et donné du dynamisme aux couvertures du journal, lequel avait alors bien du mal à se maintenir face à une concurrence et dans un contexte peu propices.
    Il nous a avoué que ce travail autour de Pif lui aura permis de surmonter des années très dures, et la fin de vie de son ami Jacques Lob.

    Mais l'autre raison qui lui avait fait accepter ce travail très particulier était son attachement personnel et familial au journal.
    Issu d'une famille d'opposants au franquisme, très liée au Parti Communiste alors, il avait bien connu dans son enfance le journal "Vaillant" et ses auteurs ! Lire les histoires de Pif, et aussi celles réalisées par Cézard, Poïvet, Coehlo et les autres auteurs du journal - renforcé au début des années 60 par l'arrivée de ses futurs amis et confrères Mandryka et Gotlib ! - était une chose tout-à-fait naturelle.
    Pouvoir à son tour dessiner Pif (et dans certains cas d'autres héros du journal) était comme un retour au sources bienvenu à la fin des années 80.

    Dans sa grande gentillesse Jean Solé nous a accordé un entretien, dont une partie sera intégrée au montage de séquences du projet.
    Les souscripteurs ontdécouvert il y a peu de temps Jean Solé à sa table à dessin, évoquant son attachement à Pif et ses souvenirs de son passage dans le journal, illustrations à la clé !
    ______________________________________________________________


    Jean Solé nous raconte son passage chez Pif et présente quelques-unes de ses illustrations, dans l'entretien réservé (parmi déjà 25 séquences exclusives) aux souscripteurs !
    Et justement : on peut toujours souscrire et participer !

    http://vaillant-film.blogspot.fr/2015/06/souscriptions-pif.html






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  • 07/19/16--15:50: Souscription
  • SOUSCRIPTION AU PROJET
    "PIF-GADGET - VAILLANT"
    Nos enfances illustrées, en films et clips


    Les lectures illustrées pour la jeunesse, issues de Vaillant, qui deviendra en 1969 Pif-gadget, ont une histoire extraordinaire.
    Cette histoire a accompagné un demi-siècle de la vie des enfants et révélé un nombre incroyable d'auteurs, créé des personnages et quelques mythes, suscité des engouements…

    Depuis quelques années, la plupart de ceux qui ont participé à cette aventure (qui pouvaient témoigner), se sont prêtés à une série d'entretiens filmés, et les archives accumulées ont permis de reconstituer visuellementl'histoire.

    Cela vous amuserait-il de suivre chronologiquement (ou par thèmes) les lectures et la vie des lecteurs (vous, vos parents, ou même vos grands-parents !) sur plusieurs décennies ?
    Retrouver, au fil des lectures de ces enfants que nous fûmes, leurs loisirs et leurs passions, l'évolution de ce que la société leur destinait, mais également le contexte sociologique qui a permis la naissance puis les transformations d'un journal exceptionnel ? Eh bien, tout cela sera raconté dans ce vaste projet documentaire en 2 parties, fourmillant d'anecdotes, de témoignages exclusifs et inédits, d'archives historiques et de récits humains !


    Pas seulement la nostalgie de "camarades" (d'école ou de parti !), mais une véritable exploration chronologique de ce qui fait AUSSI la culture populaire, particulièrement lorsqu'elle s'adresse aux enfants.



     
    Ce projet se présente en 2 volets :
    1 - un documentaire consacré à l’histoire du journal Vaillant, jusqu’à son changement de titre. Un quart de siècle d’évolution de cette lecture jeunesse, qui accompagne une évolution radicale de la société et du rapport entre le PCF et de ses publications.
    De la sortie de la Guerre jusqu'aux années marketing, en passant par les révolutions culturelles des années 60
    2 - L’aventure Pif-gadget, à travers plus de 30 séquences et clips thématiques et chronologiques pour découvrir l’incroyable parcours de ce journal hors-normes, sa manière de capter ses lecteurs et traduire l’évolution de la société... et bien sûr la saga des gadgets... qui revivent à l’écran !



    Il y a (déjà !) 2 ans, une souscription avait permis de financer des tournages d'entretiens et des reconstitutions avec des enfants (ceux des anciens lecteurs, souvent…), et nous préparions pour eux l'année dernière un coffret DVD exclusif…
    Le projet a pris du retard (notamment en raison de contingences inattendues, en particulier côté diffuseurs TV !) mais se poursuit et se développe !

    Les souscripteurs découvrent toutes les facettes de cette histoire... par séquences et clips, envoyé via des bulletins d'infos, eux-mêmes garnis d'informations et documents inédits !
    Les souscripteurs pour le coffret-DVD ont reçu en prime un petit "collector", tiré en nombre limité et qui leur est réservé... Un objet qui fera vraiment la joie des collectionneurs (que nombre d'eux sont devenus...)
    D'autres offres réservées aux pif-souscripteurs suivront !


    Lorsque le DVD sera enfin réalisé, il offrira lui aussi une surprise supplémentaire.
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    Les souscripteurs reçoivent désormais régulièrement des clips, séquences et sujets inédits nourris en archives, en exclusivité. Ces rendez-vous leur rappellent des souvenirs…




    Auteurs, anecdotes en images, reconstitutions, morceaux d'histoire : au menu des bulletins d'infos garnis, que reçoivent les souscripteurs régulièrement, accompagnés de clips et séquences vidéos exclusives.


    Vous pourrez recevoir régulièrement chez vous les archives, infos et surtout les liens vidéo exclusifs pourdécouvrir, chapitre par chapitre, toute cette aventure de la BD, et par la suite recevoir chez vous le coffret DVD bourré à craquer d'images, avec son livret-collector pifesque ! 

    Publicité de 1970 pour le premier "gadget vivant" de l'histoire du journal !
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    En aidant à poursuivre et conclure cet immense projet indépendant, vous contribuez à la constitution d'un véritable objet de patrimoine !

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    Février 1969 :
    La presse familiale publie un encart publicitaire pour annoncer la création d'un nouveau journal, qui est en réalité la continuation modernisée du journal "Vaillant".
    Ce nouveau titre s'intitulera "Pif et son gadget surprise". Le début d'une nouvelle aventure de la presse jeunesse...

    Ci-dessous :
    quelques intervenants et gadgets, pour ce projet mutliforme.



    BANDES-ANNONCES :

    Revoici les 2 "bandes-annonces" en forme de teasing, pour le projet. La première a déjà 1 an 1/2, montée au moment où le projet se retrouvait immobilisé pour quelques mois, pour des raisons de santé (la mienne et aussi celle de 2 des intervenants ! Coincidence !)
    LA 2e était complémentaire, et réalisée à l'occasion du démarrage du "crowdfunding" l'an dernier :



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    POUR SOUSCRIRE :

    C'est facile !

    1. Vous pouvez décider de simplement vous abonner au bulletin illustré et recevoir régulièrement par mailing les liens pour visionner en exclusivité des séquences du film en cours de réalisation ou des clips "bonus", et découvrir des nouvelles du projet, avoir accès à des images inédites... Pour juste 15 €, revivez par épisodes la saga Vaillant et Pif-gadget, ses auteurs, ses moments forts, les gadgets qui ont marqué vos enfances, etc...

    2. Vous pouvez souscrire au coffret DVD contenant tout le contenu vidéo (équivalent de 2 films + de nombreux bonus, en édition limitée réservée à cette opération, et recevoir évidemment vous aussi la newsletter qui en dévoile au fur et à mesure des images. Le DVD sera créé en fin de projet, sous la forme d'un livre-vidéo, après la réalisation des films. Ce seront 45 € bien investis ! (si vous vivez hors de la communauté européenne, écrivez-nous d'abord !)

    3. Ou bien vous pouvez décider de soutenir encore plus vigoureusement le projet en allant au-delà - et en recevant d'ailleurs un petit cadeau de remerciements Pif-Vaillant" supplémentaire !

    ATTENTION : les 7 premiers souscripteurs qui décident de miser 45,00 € (et plus...), recevront également l'un des derniers exemplaires restants d'un objet collector qui a été réalisé spécialement pour cet projet :
    un mini-album exclusif, relatant 50 ans d'annonces illustrées dans Vaillant et Pif-gadget !

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    (téléchargez le formulaire ci-dessous
    ou envoyezsimplement par mail
    les réponses aux questions : )



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    : On peut faire un don directement via Paypal (lisez d'abord les options du formulaire ci-dessus !!!!) en cliquant sur le bouton ci-dessous:

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    Notre ami Jacques KAMB, qui fut un dessinateur de presse renommé, avant de devenir l'auteur de BD qui aura travaillé le plus longtemps pour le journal (de 1951 jusqu'à la fin !) nous a quittés le 6 février.Il avait soutenu ce projet depuis le début et avait même décidé de sortir de sa retraite pour publier, en accompagnement de cette réalisation, un ultime "Dicentim poche" qui renouait avec ce personnage très aimé des lecteurs.
    Le projet lui est désormais dédié.


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  • 11/17/16--16:06: Adieu, Richard...

  • Je ne pensais pas écrire ceci un jour.
    Notre ami Richard Medioni, qui fut un temps rédacteur en chef (ô combien !) de Pif-gadget, qui en écrivit la saga ainsi que l'histoire de ses prédécesseurs dans des ouvrages absolument magistraux, mais qui fut aussi à l'origine de ce vaste projet audiovisuel (dont il est le témoin et narrateur principal), nous a quittés le 13 novembre dernier.

    Il m'est très difficile d'écrire aujourd'hui un texte à la hauteur de ce qu'il représentait pour moi et pour tous ses lecteurs.

    Autant l'avouer, il est difficile de se remettre de sa soudaine absence...

    Adieu, Richard.  :-(



    Nos pensées vont vers Françoise et leur fils Félix.
    Ils avaient créé ensemble "Vaillant Collector", qui a permis de découvrir non seulement l'histoire de Pif-gadget et Vaillant, mais récemment l'intégralité du journal Mon Camarade....

    Pour le retrouver, évoquant son arrivée aux éditions Vaillant ou lors d'une expo "Pif-gadget" lors du festival Angers BD :

    Richard Medioni - arrivée chez Vaillant

    Période Rouge - expo Pif-gadget à Angers, décembre 2009


    Ci-dessous, la présentation de son testament pour les bédéphiles et historiens de la BD : son travail fantastique pour exhumer l'intégralité des numéros du journal d'avant-guerre Mon Camarade :



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    Après une trrrrèèès longue pause forcée, nous voici de retour !


    Le projet patrimonial audiovisuel consacré à l’histoire des éditions Vaillant (et au-delà) se poursuit vaille que vaille.
    On peut d’ailleurs toujours y souscrire, et recevoir ainsi une manne de séquences vidéo exclusives et inédites, consacrées aux grands moments, aux héros, aux gadgets et aux auteurs du journal « Vaillant et de Pif-gadget, sur plus d’un demi-siècle.

    Les newsletters sont désormais interactives et donnent accès aux vidéos.
    Vous y retrouverez les rédacteurs en chef successifs de Pif-gadget vous raconter les anecdotes et héros du journal, ou évoquer tour à tour les gadgets les plus célèbres ou l’évolution du journal avec son époque.
    Gotlib, (Gai-Luron), Mandryka (le Concombre masqué), Godard (la Junge en folie), Chéret (Rahan), Corteggiani et Cance (Pif), Kamb (Dicentim le petit France et Couik), Kline (Loup-Noir), Nicolaou (Placid et Muzo), Di Marco (Nasdine Hodja) et d’autres, se sont prêtés au cours des 6 années passées à des entretiens exclusifs, et vous les verrez d’ailleurs dessiner leurs personnages, chose assez rare (et pour certains, absolument inédite).


    Exemple ci-dessus de 4 pages de "newsletters" adressées exclusivement aux souscripteurs. A chaque fois, des infos et archives rarement ou jamais vues et SURTOUT le lien exclusif pour regarder un film sur le sujet, inédit et réservé aux souscripteurs ! Un véritable patrimoine audiovisuel consacré à l'histoire et aux auteurs de Vaillant et Pif-gadget !

    Chaque fois que cela a été possible techniquement, les auteurs interviewés ont dessiné spécialement pour vous un ou plusieurs de leurs personnages. Il est toujours émouvant de voir surgir (souvent en accéléré...) par magie un héros sur le papier... Vous verrez ainsi apparaître au fil des séquences Rahan, Dicentim, Gai-Luron, Nasdine Hodja, le Concombre Masqué, ou Placid et Muzo, sous le crayon ou la plume de son dessinateur.

    Au cours de ces séquences, bien des surprises vous attendent, car les enfants des anciens lecteurs se sont prêtés au jeu de la reconstitution comico-historique ! 


    En outre, les bulletins d’infos illustrés vous permettront de découvrir des documents d’archives souvent rarissimes, certains provenant directement des archives du journal ou de collections privées.

    Un coffret livre + 2 DVD destiné exclusivement aux souscripteurs compilera en fin de parcours toutes ces archives vidéo. Il ne sera pas distribué dans le commerce.
    Sa réalisation prendra du temps, car les nombreuses séquences à venir seront encore longues à finaliser, pour venir compléter… près de 40 clips et sujets documentaires déjà réalisés !

    La réalisation de ce projet de très longue haleine se fait de manière totalement indépendante et le soutien des anciens lecteurs de toutes générations lui permet d’exister.

    Les plus généreux, qui « misent » dès aujourd’hui sur le coffret livre-DVD final, recevront un mini-livre collector (édité à 150 exemplaires), et une jolie carte elle aussi « collector » pour les remercier et leur permettre de patienter avec un objet-souvenir qu’il ne trouveront nulle part ailleurs.



    Pour retrouver la page de présentation donnant accès au bulletin de souscription, CLIQUEZ ICI

    Ou écrivez-nous directement à film-pif@orange.fr



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    Il y a exactement 70 ans, le 28 mars 1948, les lecteurs du journal "L'Humanité" découvraient, dans le numéro double pour Pâques, la première bande (ou "strip") d'un nouveau personnage venu remplacer les aventures de Félix le chat.
    Son auteur, José Cabrero Arnal, dont les personnages Placid et Muzo font déjà le bonheur des lecteurs du journal "Vaillant", crée donc un petit chien facétieux - dont il expliquera que c'est le fils (spirituel ?) d'un autre héros canin qu'il avait créé en Espagne bien auparavant : le chien Top.
    TOP, l'ancêtre de Pif le chien.
    A cette occasion, un sujet vidéo très spécial a été concocté, qui revient sur la genèse de ce héros qui a marqué la 2ème moitié du XXe siècle... et qui perdure, sous diverses formes ! 
    Ce petit film de 20 mn n'est accessible qu'aux souscripteurs de ce projet, comme la majorité des séquences et clips. On y retrouve notamment Richard Medioni évoquant la relation d'Arnal à la rédaction, ou encore son biographe, Philippe Guillen. Quelques archives assez peu vues nous replongent dans les 2 premières décennies de cette saga canine...









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    La rentrée !

    Oui, mais pas n'importe laquelle : la dernière rentrée avant... la finalisation de ce vaste projet audiovisuel.
    En effet, en janvier 2019 sera mis en place un site interactif avec tous les contenus audiovisuels (et ça fait plusieurs heures de films, séquences, clips... !) exclusifs !
    Les souscripteurs du projet y seront inscrits automatiquement, avec accès VIP à des séquences évidemment réservées aux fidèles de la première heure et abonnés. 
    Près de 5 h de films et archives, en une cinquantaine de films, séquences, clips, témoignages, archives...

    Ca, c'est la première nouvelle.
    La seconde, c'est que l'anniversaire des 50 ans de Pif-gadget sera fêté dignement... 

    Vous comprendrez bientôt pourquoi (et comment) !

    En attendant : bonne rentrée à tous, avec Vaillant et Pif-gadget !


    Ci-dessous un florilège qui couvre exactement 40 années de rentrées des classes ! :